...A UNE POLITIQUE D'INTERESSEMENT PERTINENTE

Motiver ses troupes !

Mesures incitatives

La carotte reste encore le moyen le plus efficace

 

 

 

 

 

 

Motiver ses troupes !

 

La « motivation » des individus est un thème récurent dans le management, mais probablement impropre. En effet, de mon point de vue, on ne « motive » pas quelqu’un, on le met dans les conditions où il est à même de se motiver. Ceci simplement parce que ses motivations sont intimes et personnelles.

 

Il est du ressort du manager que de créer l’environnement adéquat permettant l’implication maximale de l’individu. Cet environnement doit tenir compte de trois composantes fondamentales, que nous ne développerons pas ici :

-        L’intérêt que l’individu porte à sa mission

-        La rémunération que l’individu reçoit de l’accomplissement de sa mission

-        La reconnaissance de la hiérarchie et de son entourage qu’il perçoit

 

Ces trois composantes doivent s’équilibrer harmonieusement, la carence de l’une seule d’entre elle pouvant conduire à la démobilisation de l’individu. L'époque où l'on motivait son personnel à "coups de pieds dans le c.." ( "kick in the ass" en version branchée...) est définitivement révolue. Du moins le pense-ton...  

 

Mesures incitatives

 

Sans entrer dans  les détails de ce management, nous allons nous intéresser aux mesures incitatives qu’un responsable des achats peut prendre afin de piloter un service, et atteindre les objectifs de l’entreprise. Parmi ces outils, le plus courant est le management par objectifs avec intéressement aux résultats.  

 

Alors que cet outil est largement employé dans certains métiers de l'entreprise, comme le commercial, on trouve rarement chez les acheteurs un système d’intéressement à l’objectif qui soit pertinent et efficace.

 

Il n’y a pratiquement pas d’évaluation de la performance du service achat. Ceci est dû plus à un manque de volonté qu’à la non efficacité de la formule. Pire, lorsqu’il y a intéressement des acheteurs et approvisionneurs, le soin de sa répartition individuelle est laissé au chef de service qui opère selon une méthode empirique, parfois contestable et contestée. Particularité typiquement française, une grande opacité entoure cette répartition. Chacun des membres de l’équipe ignore le montant de l’intéressement des autres, et cultive soigneusement cette ignorance. C’est même souvent un sujet de polémique à la pause café de fin de période.

 

Tout ceci ne contribue pas à améliorer la performance du service. Au contraire, la pratique durable de ces méthodes (ou absence de méthode) conduit à la recherche de résultats à court terme, n’encourage pas le travail en équipe et nourrit de potentielles rivalités destructives entre les membres d’une équipe ou des groupes fonctionnels. C’est, par exemple, ce qui se passe très souvent entre les entités Achat et Approvisionnements, mais également Commercial et Production

 

 

La carotte reste encore le moyen le plus efficace...


Il n’y a pas de corrélation probante entre évaluation de la performance et travail d’équipe.

Il y en a une par contre entre système de répartition de l’intéressement et efforts individuels consacrés à l’obtention de l’intéressement maximal. C'est la traditionnelle "Carotte".

Ainsi, en moyenne, un collaborateur va passer plus de temps et faire des efforts plus conséquents sur les tâches liées à l’obtention d’une prime. C’est très nettement le cas lorsque des objectifs individuels sont définis. La somme des ces efforts au niveau d’un service, d’un groupe ou d’une entreprise est toutefois faible car certains d’entre eux peuvent s’opposer ou se contrarier.

Il s’agira donc de trouver un certain équilibre entre des objectifs communs au groupe ou au service, et ceux de l’individu. On va, par ce biais, renforcer l’esprit d’équipe, canaliser les efforts mutuels et optimiser la performance du groupe.

A terme, c’est toute la politique de rémunération de l’entreprise qui doit être construite de manière à traquer tout ce qui favoriserait les comportements non-coopératifs et contre-productifs à l’échelle globale (qui pourraient paraître productifs pris isolément). Tout ceci en conservant à l’esprit les trois éclairages énoncés en préambule : l’intérêt dans le travail, la rémunération du travail et la reconnaissance du travail.

ec 2004

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