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Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, réunis
en Libye, n'ont pu se mettre d'accord sur les deux pays qui
pourraient représenter l'Afrique de manière permanente au
Conseil de sécurité des Nations unies.
D'après des diplomates participant au sommet organisé à Syrte,
les dirigeants africains ont approuvé lundi soir un plan visant
à demander pour l'Afrique deux sièges de membre permanent au
conseil.
Ils sont également parvenus à une position commune pour demander
que l'Afrique bénéficie en outre de cinq membres non-permanents.
Mais ils n'ont pu s'entendre sur le mode de sélection de ces deux
Etats.
Alors que le sommet devait s'achever dans la journée, il semblait
impossible de parvenir à un accord sans froisser l'un des trois
principaux candidats, le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Egypte.
La Libye, le Kenya, le Sénégal et le Ghana sont également
pressentis comme possibles candidats, mais le ministère libyen
des Affaires étrangères a fait part dans un communiqué de son
souhait de voir un siège de membre permanent bénéficier à un
petit pays, moins susceptible d'oeuvrer à la seule défense de
ses intérêts nationaux que l'un des "géants" du
continent.
«Préserver un front uni»
"Nous nous sommes mis d'accord sur le principe mais n'avons
pas abordé le processus de sélection, cela sera soumis à une négociation",
a déclaré à la presse le ministre sud-africain des Affaires étrangères,
Nkosazana Dlamini-Zuma.
Saïd Djinnit, commissaire africain pour la Paix et la Sécurité,
a assuré cependant que "l'Afrique dispos[ait] d'un moyen de
choisir ses représentants" et que cette procédure serait
suivie.
L'élargissement du Conseil de sécurité et l'ouverture du
"Club des cinq permanents" (Etats-Unis, Russie, Chine,
France et Royaume-Uni), qui disposent d'un droit de veto,
constitue l'un des principaux sujets de réflexion sur la réforme
des Nations unies. L'Allemagne, le Japon, l'Inde et le Brésil
aspirent également à un statut de membre permanent, et ont exposé
une proposition de résolution qui porterait le conseil de sécurité
de quinze à 24 membres.
Ce projet prévoit que l'exercice du droit de veto ne soit
applicable aux nouveaux membres permanents qu'après un délai de
quinze ans. "La question principale, c'est que les chefs
d'Etat et de gouvernement africains participant au sommet sont réticents,
voire pas encore prêts, à débattre des critères (de sélection
parmi les candidatures africaines)", avance un diplomate
tanzanien. Ils veulent, ajoute-t-il, "préserver un front
uni".
Aussi la solution ne devrait-elle pas être arrêtée à Syrte
mais renvoyée à plus tard. Selon un diplomate zambien,
"personne ne veut susciter d'acrimonie parmi les candidats,
qui sont les grandes puissances traditionnelles de
l'Afrique".
Le sujet pourrait donc être tranché en dehors des instances de
l'Union africaine, chaque pays candidat s'engageant dans une
campagne diplomatique auprès de ses pairs pour rallier le plus
grand nombre de soutiens.
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