UA : pas d'accord sur les candidatures africaines à l'Onu
05.07.2005 | 16h01 
Le mode de sélection pose problème

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, réunis en Libye, n'ont pu se mettre d'accord sur les deux pays qui pourraient représenter l'Afrique de manière permanente au Conseil de sécurité des Nations unies.

D'après des diplomates participant au sommet organisé à Syrte, les dirigeants africains ont approuvé lundi soir un plan visant à demander pour l'Afrique deux sièges de membre permanent au conseil.

Ils sont également parvenus à une position commune pour demander que l'Afrique bénéficie en outre de cinq membres non-permanents. Mais ils n'ont pu s'entendre sur le mode de sélection de ces deux Etats.

Alors que le sommet devait s'achever dans la journée, il semblait impossible de parvenir à un accord sans froisser l'un des trois principaux candidats, le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Egypte.

La Libye, le Kenya, le Sénégal et le Ghana sont également pressentis comme possibles candidats, mais le ministère libyen des Affaires étrangères a fait part dans un communiqué de son souhait de voir un siège de membre permanent bénéficier à un petit pays, moins susceptible d'oeuvrer à la seule défense de ses intérêts nationaux que l'un des "géants" du continent.

«Préserver un front uni»

"Nous nous sommes mis d'accord sur le principe mais n'avons pas abordé le processus de sélection, cela sera soumis à une négociation", a déclaré à la presse le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma.
Saïd Djinnit, commissaire africain pour la Paix et la Sécurité, a assuré cependant que "l'Afrique dispos[ait] d'un moyen de choisir ses représentants" et que cette procédure serait suivie.

L'élargissement du Conseil de sécurité et l'ouverture du "Club des cinq permanents" (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), qui disposent d'un droit de veto, constitue l'un des principaux sujets de réflexion sur la réforme des Nations unies. L'Allemagne, le Japon, l'Inde et le Brésil aspirent également à un statut de membre permanent, et ont exposé une proposition de résolution qui porterait le conseil de sécurité de quinze à 24 membres.

Ce projet prévoit que l'exercice du droit de veto ne soit applicable aux nouveaux membres permanents qu'après un délai de quinze ans. "La question principale, c'est que les chefs d'Etat et de gouvernement africains participant au sommet sont réticents, voire pas encore prêts, à débattre des critères (de sélection parmi les candidatures africaines)", avance un diplomate tanzanien. Ils veulent, ajoute-t-il, "préserver un front uni".

Aussi la solution ne devrait-elle pas être arrêtée à Syrte mais renvoyée à plus tard. Selon un diplomate zambien, "personne ne veut susciter d'acrimonie parmi les candidats, qui sont les grandes puissances traditionnelles de l'Afrique".

Le sujet pourrait donc être tranché en dehors des instances de l'Union africaine, chaque pays candidat s'engageant dans une campagne diplomatique auprès de ses pairs pour rallier le plus grand nombre de soutiens.

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