Pour Lexpansion.com, François Paget, chercheur
chez Networks Associates, décrypte la nouvelle menace virale qui s'étend sur
Internet.
Quels sont les dégâts provoqués par le virus
MyDoom, et par son mutant MyDoom B. ?
Ce n’est pas un virus qui fait de véritables dégâts.
Il ne détruit aucune données contenues dans la machine, et son
fonctionnement n'est pas nouveau. Les «éditeurs» de virus jouent davantage
sur la crédulité des gens que sur la technicité des virus. MyDoom est bien
plus subtil. Il s’installe sur les machines et en fait des soldats qui ont
pour but d’attaquer différents sites Internet début février, ceux de
grands éditeurs de logiciels comme Microsoft et SCO, ainsi que ceux des plus
grandes boîtes d’antivirus. Il engorge donc le réseau Internet et le rend
plus lent.
Est-ce son véritable but ?
Je ne pense pas. Car si ce combat politique des adeptes du logiciel libre
contre les grandes firmes éditrices de logiciels pourrait expliquer cette
attaque virale, cette dernière a en réalité un autre objectif, plus
dangereux. Les portes dérobées, ou back doors, mises en place par
le virus resteront sur les machines après le 12 février, date de fin de
l’offensive. Ces programmes sont en fait des mini-relais qui permettent à
des personnes mal intentionnées d’envoyer des courriers électroniques non
sollicités (spams), ou encore de consulter des données confidentielles sur
les ordinateurs, comme des coordonnées bancaires. Le but de cette attaque est
bel et bien de mettre en place ces portes dérobées, bien plus que
d’attaquer les sites de SCO ou de Microsoft. C’est l’arbre qui cache la
forêt.
Qui se dissimule derrière les hackers qui ont développé MyDoom
?
Des spammeurs, selon toute vraisemblance. En effet, n’importe
quelle personne pourra, une fois munie d’un simple outil de prise en main à
distance, se servir de l’ordinateur infecté à distance. Ce qui permet aux
spammeurs de polluer toujours plus de boîtes à lettres avec leurs messages,
et ce de façon totalement anonyme. Selon certaines estimations, 30% des spams
envoyés dans le monde le seraient via des ordinateurs personnels infectés.
Cette attaque virale n’a donc pas un but politique, mais bien criminel.