Parler
de Pays à Risques ne suffit pas. Encore faut-il avoir identifié la
nature des risques encourus, et évalué leu importance. Selon le cas, et
en fonction de vos propres objectifs et données, la probabilité
d’occurrence (le risque que cela se produise) pourra varier fortement.
On peut ainsi identifier au moins quatre
grandes catégories de risques qui peuvent affecter nos opérations
d’achat :
Les risque naturels
Le risque politique
Le risque économique
Le risque commercial
Le risque sanitaire
Les risques naturels
Il semblerait que ces derniers
temps il faille donner un peu plus d’importance aux risques naturels, de
type cycloniques, tectoniques ou climatiques (effets sur les récoltes par
exemple). En effet, l’évolution récente et visible de notre écosystème
(en dehors de l’activité sismique) a connu une dérive par rapport aux
données habituelles et cela a conduit à certaines situations
catastrophiques. Il faudra en tenir compte dans le choix de nos sources.
L’évaluation de ces risques reste cependant aléatoire et soumise à la
loi des probabilités.
Le risque politique
Le risque politique recouvre l'ensemble
des événements survenant dans le pays étranger qui revêtent pour
l’acheteur ou son fournisseur un caractère de force majeure (guerres, révolutions,
terrorisme et faits du prince). Ce risque donne lieu à des évaluations
par des organismes dont la fonction est souvent de l’assurer : le
Ducroire ou la Coface par exemple. Le Ducroire classe le risque politique
des pays en 7 catégories. La catégorie 1 regroupe les pays pour lesquels
le risque politique est le plus faible, la catégorie 7 ceux pour lesquels
il est le plus élevé .Son
évaluation se fait sur le court, moyen et long terme.
En dehors du risque pour l’entreprise,
il y a le danger physique pour l’acheteur qui se rend dans un pays où
le risque terroriste ou mafieux est élevé. D’autant que si il évitera
sans aucun doute de se rendre dans un pays en guerre, le danger d’être
pris en otage ou d’être victime d’un attentat est beaucoup moins
dissuasif, et risque par conséquent de l’y soumettre.
Le
risque de guerre comprend à la fois le risque de conflit
externe et le risque de violence politique interne. La violence
politique interne comprend , à son tour, le cas extrême de guerre
civile, mais aussi les risques de terrorisme, de troubles civils, de
conflits socio-économiques et de tensions raciales et ethniques.
Le risque d'expropriation et de
fait du prince recouvre non seulement les risques
d'expropriation et de rupture des engagements contractuels par
l'autorité publique, mais aussi les risques liés au
(dys)fonctionnement de l'appareil juridique et le risque potentiel
d'un changement d'attitude négatif envers les investisseurs étrangers.
Le risque économique
Le risque économique recouvre également
l'ensemble des événements survenant dans le pays étranger qui revêtent
pour l’acheteur ou son fournisseur un caractère de force majeure,
mais de nature économique (pénuries de devises, quota sur les matières
premières, ou difficultés d’approvisionnements). Les blocus économiques
sont ou sur-taxations douanières classés quant à eux dans les risques
politiques. Le risque économique est à estimer en consultant les
analyses d’économistes et conjoncturistes.
Le risque commercial
Il s'agit du risque
de carence du fournisseur (ou du client) étranger, c'est-à-dire du
risque que ce dernier soit incapable d'exécuter ses obligations ou
qu'il s'y soustraie sans motif légal. Le risque commercial n'est pas déterminé
uniquement par la situation propre au fournisseur, mais également par
des facteurs macro-économiques systémiques qui influencent la capacité
de paiement de l'ensemble des débiteurs d'un pays.
Comme pour le risque
politique, ce risque est mesuré et évalué. Pour le Ducroire, il y a
trois catégories, de A à C. La catégorie A regroupe les pays où le
risque commercial systémique est le plus faible, la catégorie C
regroupant ceux où il est le plus élevé.
Il va de soi que l'évaluation du risque commercial consiste
principalement en une analyse micro-économiqueeffectuée au cas
par cas et portant sur l'entreprise débitrice et le secteur dans
lequel elle opère. De cette analyse dépend l'acceptation d'un débiteur
et l'ajout éventuel de certaines conditions de couverture. Il existe
cependant des facteurs qui influencent le risque commercial au niveau
d'un pays et affectent la capacité de paiement de l'ensemble des débiteurs
de ce pays. Il peut s'agir, par exemple, des effets d'une brusque dévaluation,
de taux d'intérêt réels élevés, d'une récession économique, d'un
contexte de corruption généralisée, etc. Cette composante
"macro-économique" ou systémique du risque commercial fait
partie des risques pays.
Le modèle d'analyse de ces risques comprend trois groupes d'indicateurs
:
Un
groupe d'indicateurs économiques et financiers ayant une
influence significative sur la santé de toutes les entreprises d'un
pays par leur impact sur les comptes de résultat et les bilans (par
exemple : dévaluation, taux d'intérêt réel, taux de croissance
du PIB, taux d'inflation,...) ;
Un
second groupe reprenant des indicateurs d'expérience de paiement
du pays en matière de risque commercial ;
La
troisième série d'indicateurs reflète le contexte institutionnel dans
lequel les entreprises locales opèrent (par exemple : niveau de
corruption, économie en transition, etc.).
La catégorie A regroupe les pays présentant un risque commercial
faible, la catégorie B, ceux pour lesquels le risque commercial est
considéré comme normal et la catégorie C, ceux présentant un risque
élevé.
Dans le risque commercial, nous
pouvons inclure le risque de transfert technologique, qui peut, à
terme, créer de nouvelles sources de concurrents à l’entreprise de
l’acheteur.
Quelques
liens qui pourraient se montrer très utiles :
www.coface.fr
: le site de la Coface, compagnie française d'assurrance pour le
commerce extérieur, vous donne accès à un certain nombre
d'informations gratuites.
www.ducroire.be
: son équivalent belge n'est pas dénué d'intérêt.