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Plaidoyer pour une consommation intelligente La campagne de Pub que
s'offre Monsieur Michel-Edouard Leclerc en agace plus d'un semble-t-il, au sein
du gouvernement en tout cas et de l’INSEE officieusement. Mais le consommateur
l'accueille-t-elle avec satisfaction ? Cela reste à voir. Elle
m'interpelle, pour ma part, sur plusieurs points. Je ne veux pas polémiquer
sur les réelles motivations de cette campagne. Il me semble bon de souligner
tout de même que les plus grands groupes de distribution en France
appartiennent à des familles qui sont en tête de liste des plus grosses
fortunes du pays, et de rappeler que les résultats du dernier trimestre 2003
n'ont pas été conformes aux objectifs que ces groupes s'étaient fixés, bien
que très largement positifs. Non, ce qui
m'interpelle, c'est cette façon systématique que l'on a de réduire les critères
de choix du consommateur final, que nous sommes tous, au simple prix. Entre la
publicité qui nous assomme de slogans et de phénomènes de mode « incontournables »,
et le prix il ne nous reste que peu de marge de libre arbitre et de décision
"intelligente". Nous, acheteurs professionnels, somme habitués,
souvent formés formés, à la comparaison objective des offres, à l'évaluation
pragmatique de l'achat. Sans pour autant occulter la part émotionnelle et
impulsive de l'achat de consommation personnelle (encore heureux non ?), ne
devrions nous pas, comme un devoir de citoyen, sensibiliser le consommateur à
cette vision plus rationnelle et surtout, plus équitable ? Equitable ? Quel
rapport me direz vous ? A force de tirer les prix vers le bas, nous,
consommateurs, influons par nos comportements d’achat les politiques et stratégies
des producteurs et distributeurs de nos biens acquis. C’est parce que la somme
de nos comportements conduit à
l’émergence de produits et de services nouveaux, mais également à la sélection
naturelle des entreprises les moins performantes dans un marché ouvert et
concurrentiel, nous sommes tous, individuellement responsables des fermetures
d’usines, et du chômage dont nous sommes les premiers à nous plaindre par
ailleurs ! Je ne veux pas
condamner le fait de veiller aux dépenses du ménage, étant moi même très
concerné par boucler mes fins de mois… Néanmoins, plutôt que de courir vers
des magasins d’usines qui de tout façon vous braderont des produits spécialement
confectionnés pour l’occasion, ou rechercher les 10 cents de moins sur le
yoghourt préféré qui conduit au final à une pression insupportable sur le
petit mais aussi maintenant le gros producteur, pourquoi ne consommerions nous
pas de manière plus pertinente. Introduisons l’analyse fonctionnelle dans
notre démarche de consommateur par exemple. A 5% près, favorisons les
production régionales par exemple. En fonction de nos styles de vies,
favorisons toujours le produit le plus pérenne ou le plus recyclable, par
exemple. Soyons cohérents avec nos convictions dans notre consommation. La
grande distribution et les publicistes ont une grande part de responsabilité en
France, mais c’est notre action individuelle qui pourra changer cet état de
faits. A ceux qui pourraient
penser que leur seule action individuelle ne pourra rien changer, je renverrais
simplement à une théorie mathématique qui
est le fondement de nos prévisions météo (qui si elles restent aléatoires,
deviennent indéniablement de plus en plus fiables) : la théorie du
chaos… D’après elle, une aile de papillon à Paris peut provoquer un ouragan en Californie. Ne négligeons rien, et soyons tous
une aile de papillon qui fera un monde meilleur, un jour. Je me rappelle d'une
question, restée à l'époque sans réponse, d'un intervenant à une formation
achat (merci Daniel) : l'acheteur, par sa démarche de recherche à outrance du
coût le plus bas, est il
responsable des fermetures de sites en Europe et donc du chômage… Cette
question, à l’époque, nous avait laissés sans réponse, elle me revient à
l’esprit régulièrement (encore merci Daniel). Aujourd’hui, ma réponse est
la suivante. La force de vente réalise
le chiffre d’affaires. L’activité de l’entreprise, ainsi générée
engendre les dépenses. L’acheteur professionnel, industriel ou de la grande
distribution a une mission claire : faire la différence (c’est à dire
le résultat) et procurer à son entreprise, les biens et les services dont elle
a besoin pour satisfaire ses clients, dans la quantité voulue, à la date
voulue et dans la qualité attendue. Ceci, au meilleur coût global , en dépit
des aléas extérieurs et/ou internes, en faisant mieux que la concurrence. Il
n’a pas et ne doit pas avoir d’état d’âmes. Il en va de la pérennité
de son entreprise, il est mandaté pour cela. Par contre, parce
qu’il est sensible à tout cela, et parce qu’il peut en avoir le désir, il
peut se charger d’une autre mission, extra ou para-professionnelle celle-là :
éduquer le consommateur. Participer à des réunions, colloques ou conférences
sur le sujet : consommer intelligemment.
ec2004
Design, développement et rédaction d'inotti.com.
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