L'organisation de son planning de réception fournisseur

 

Recevoir les fournisseurs est, n’en déplaise à certains, partie intégrante du travail de l’acheteur. Il s’agit à chaque fois de moments privilégiés pour saisir les informations du marché, les nouveautés techniques ou conjoncturelles et de renforcer les liens interpersonnels. C’est aussi, et souvent on le néglige, l’occasion de « vendre son entreprise », de communiquer vers l’amont des marchés l’information que vous existez, et que vous êtes un acteur incontournable, une cible potentiellement intéressante pour vos fournisseurs.

 

Seulement voilà, entre les fournisseurs de votre portefeuille qu’il conviendrait de recevoir périodiquement, les fournisseurs potentiels que vous souhaiteriez rencontrer, ceux, inconnus, qui sollicitent un entretient et ceux que vous convoquez pour des raisons de conflits, vous pourriez passer votre temps à cela, sans vous forcer… Et du temps, c’est précisément ce qui vous manque le plus. Comment faire pour concilier cette contradiction ? Extraits de notre formation sur la gestion du temps de l’acheteur, voici quelques conseils pour y arriver.

 

Nous allons pour cela aborder les points suivants :

Ø       Typologie des rencontres

Ø       Les temps des rencontres

Ø       Le temps disponible et sa répartition

Ø       Tentative d’organisation

 

Typologie des rencontres

 

Il y a différents types de rencontres avec les fournisseurs, qu’il est important d’identifier car, en dehors de la nature même de la préparation et des enjeux qui changent,  la durée de la rencontre et ses conséquences en temps de préparation et de post-analyse va varier considérablement. Les principaux types de rencontres sont :

Ø       La négociation annuelle de bilan et perspectives

Ø       La négociation en phase de consultation/sélection

Ø       La convocation suite à litige (qualité, délais, prix …)

Ø       La rencontre de courtoisie

Ø       La « première rencontre » de découverte mutuelle sollicitée

Ø       La première rencontre non sollicitée

 

Les temps des rencontres

 

Quel que soit le type de rencontre, on peut distinguer trois temps :

Ø       La préparation

Ø       L’entrevue proprement dite

Ø       L’analyse

Ces temps ont tous une durée, et si celle de l’entrevue est toujours prise en compte (même si mésestimée parfois), celles de la préparation et de l’analyse sont trop souvent oubliées.

Par ailleurs, en fonction du type de rencontre, les durées seront plus ou moins longues, avec des variations importantes dues à la complexité du sujet à traiter. Dans le tableau ci-après, vous trouverez une estimation des temps moyens à considérer, qu’il faudra éventuellement corriger par le coefficient de complexité, lié à votre activité propre.

 

 

Préparation

Entrevue

Analyse

Négociation annuelle

2h

1h30’

1h

Négociation sélection

4h

2h

4h

Litige qualité ou délais

1h30’

2h30’

45’

Litige prix

30’

1h30’

30’

Courtoisie (hors temps de repas)

5’

30’

10’

Rencontre sollicitée

1h

1h

1h

Rencontre non sollicitée

5’

45’

15’

 

On constatera que le temps total (moyen) varie de trois quarts d’heures à 10 heures, ce qui est très important. Mais surtout, il faut avoir conscience que le temps de l’entrevue seule (celui qui est la plupart du temps pris en compte) est multiplié entre 1,5 et 5 fois pour obtenir le temps total consacré à l’entrevue.

Parce que trop souvent ces temps satellites sont négligés, la préparation (fondamentale) et l’analyse sont bâclées et conduisent à une exploitation partielle des informations recueillies lors de l’entrevue. Parce que l’on ne prendra pas le temps (puisque non prévu) d’écrire et de formaliser les informations recueillies après l’entretient, la pérennités de celles ci est fortement réduite. Par cela, le ratio d’efficience de l’entretient est détérioré (voir encadré).

Le ratio d’efficience d’un entretient :

Ce ratio prend en compte le temps total engendré par l’entretient par rapport à l’apport positif de ce même entretient.

On entend pas temps total, la somme des temps de préparation, d’entrevue et d’analyse (pas d’exploitation).

On entend par apport positif l’ensemble des informations recueillies pour un usage direct ou indirect, le niveau d’atteinte des objectifs, en terme de gains, résolution de litige ou stratégiques, à court, moyen et long terme.

Dans le moyen et long terme, la pérennisation de l’information prend une très grande place.

 

Ainsi, si nous prenons l’exemple d’une rencontre ayant pour objet la renégociation annuelle du marché, où l’acheteur a pris le temps de la préparation et de l’analyse (4 heures et demi en moyenne). Il a atteint ses objectifs, pris soin de noter dans les dossiers adéquats l’ensemble des informations recueillies et communiqué aux services intéressés celles qui lui paraissaient pertinentes.

 

Ratio d’efficience :          apport positif          100 = 1

                                         Temps total               100

 

Prenons le cas où il ne prendrait pas le temps judicieux de la préparation (1 heure au lieu de 2).  Le temps total passera à 3 heures 30. Il gagne 23% de temps. Mais vous conviendrez que sans cette préparation la négociation risque d’être moins performante… (60% des objectifs et informations)

 

Ratio d’efficience estimé:              60 = 0,77

                                                        78

 

Prenons maintenant le cas où, il consacrera le temps intégral de la préparation, et atteindra tous ses objectifs, mais gardera pour lui, sans les archiver, les informations recueillies… (gain de temps de 30 minutes)

 

Ratio d’efficience estimé:                  60 = 0,67

                                                            89

 

Attention toutefois à conserver en référence le niveau de l’apport positif, qui doit être le plus haut. 

 

 

Le temps disponible et sa répartition

Pour développer cette étape, nous allons partir d’un postulat de base : l’acheteur dont nous allons étudier le cas travaille 216 jours par an, pour une moyenne journalière de 7 heures 30’.

Nous allons procéder à l’évaluation de la répartition du temps selon les principales tâches recensées. Il existe plusieurs méthodes pour approcher ces chiffres, mais il ne s’agit pas du sujet aujourd’hui. Le résultat a été le suivant :

 

Tâches regroupées par Missions

%

Jours

Heures

Gestion des stocks

46

99.36

745.2

Relations avec les fournisseurs

28.5

61.56

461.7

Suivi des prix et des marchés

13

28.08

210.6

Qualité

7

15.12

113.4

Formation

1

2.16

16.2

Divers

4.5

9.72

72.9

 

100

216

1620

 

Et, toujours selon une méthodologie bien structurée, la répartition suivante a été établie :

 

 

Nbre Four

Nbr heures

Négociation annuelle

14

63

Négociation sélection

21

210

Litige qualité ou délais

17

80.75

Litige prix

10

25

Courtoisie (hors temps de repas)

10

7.7

Rencontre sollicitée

12

36

Rencontre non sollicitée

35

38.5

 

119

460.95

 

 

Tentative d’organisation 

Pour s’organiser, il faut avant tout repérer les rencontres non programmées (plus de 61% du temps). Puis celles qui ne sont pas productives (règlement des litiges).  L’objectif étant de réduire les sources de rencontres imprévues, sources de désorganisation, de manque de préparation et chronophages. Il faut relever que les rencontres de courtoisie peuvent, selon les cas, se retrouver dans ces catégories également.

Bien entendu, le nombre de rencontres pour des négociations dépendront en grande partie de l’activité de l’entreprise, ou des remaniements du portefeuille que l’acheteur aura entrepris… Il est relativement difficile d’optimiser cette catégorie de rencontres.

Restent les rencontres sollicitées et négociations annuelles, que l’on pourra planifier selon des critères de hiérarchisation. Les fournisseurs de classe A étant rencontrés au moins deux fois par an, ceux de classe B au moins une fois par an, et ceux de classe C, au moins une fois tous les 3 ans. La création d’un plan de rencontre fournisseur permettra d’étaler tout au long de l’année les rencontres, de les planifier et par conséquent, de pouvoir les préparer soigneusement, et surtout, de prendre l’initiative de la rencontre, et d’augmenter la part des rencontres sollicitées.

 

Si cet exemple ne peut avoir valeur de généralité, la méthode d’approche de la gestion du temps aux achats est universelle et peut être appliquée avec succès à toutes les entreprises qui souhaitent optimiser leurs forces, et à tous les acheteurs qui veulent retrouver une vraie bouffée d’oxygène.

 

ec2004

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