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L'Opep resserre bel et bien les
vannes - - - - - - - - - - - L'organisation va réduire sa production d'un
million de barils/jour au 1er avril.
Ignorant les appels pressants en provenance des Etats-Unis, l'Opep
(Organisation des pays exportateurs de pétrole) réduira bel et bien sa
production de pétrole de 4pc, soit d'un million de barils par jour (mbj), au
1er avril, conformément à une décision prise en février à Alger, a-t-elle
annoncé mercredi à Vienne. Pour mémoire, l'organisation avait décidé tout
d'abord d'éliminer la surproduction du cartel, estimée à 1,5 mbj, avant de
baisser de 1 mbj ses quotas de production de 24,5 mbj à 23,5 mbj. Face à l'envolée des cours et au mécontentement des pays consommateurs,
certains pays, en particulier le Koweït, ont réclamé ces derniers jours un
report de cette décision à juin. Mais la plupart des membres s'y sont opposés.
«Pourquoi reporter?», s'est interrogé Chakib Khelil, ministre algérien
devant des journalistes. «Les arguments du Koweït ne tenaient pas la route»,
a-t-il estimé. Le ministre algérien a par ailleurs indiqué que le cartel ne prévoyait pas
de réunion supplémentaire en mai comme cela avait été demandé par l'Irak,
mais indiqué que les membres de l'Opep pourraient se rencontrer de manière
informelle, «si la situation le justifie», lors d'un sommet sur l'énergie
prévu le 24 mai à Amsterdam. «On verra dans un mois» Quoi qu'il en soit, la décision de l'Opep n'a pas surpris les marchés qui
l'avaient, il est vrai, largement anticipée. A Londres, mercredi après-midi,
le Brent a reculé à 32,37 dollars, après avoir ouvert à 32,62 dollars et clôturé
mardi à 32,45 dollars. Wall Street, faisant la grimace, a abandonné quelques
fractions de points. Gaëtan van de Werve, secrétaire général de la Fédération
pétrolière, confirme pour sa part que «le marché, nerveux ces derniers
jours à cause du climat d'incertitude, a bien intégré une décision de
maintien de la réduction des quotas. De ce fait, les prix sont restés soutenus
malgré l'entrée dans le deuxième trimestre qui connaît traditionnellement
une baisse de la consommation», dit-il. Qu'est-ce qui justifie selon lui la décision prise mercredi? «D'après
l'Opep, les fondamentaux ne sont pas à la base du niveau de prix élevé qu'on
connaît mais bien le contexte géopolitique ou les contraintes qui s'appliquent
à certains marchés de produits comme par exemple l'essence aux Etats-Unis. Le
bas niveau des stocks commerciaux d'essence aux Etats-Unis est une autre
justification», souligne M.van de Werve. La décision prise mercredi sera-t-elle appliquée? «Cela reste un élément
d'incertitude. Certains pays ont commencé à mettre en oeuvre la diminution
d'un million de barils/jour. Il faudra voir ce qu'il en est d'ici un mois»,
précise l'expert. Le consommateur doit-il s'attendre à de nouvelles hausses? «Je ne crois
pas, répond M.van de Werve, vu que le dollar a trouvé une certaine
stabilité aux alentours de 1,20 €. Naturellement, on ne peut pas exclure des
problèmes d'approvisionnement ou des actes terroristes ici et là.» Et le
porte-parole de la Fédération pétrolière, revenant à des considérations
belgo-belges, d'avertir: «Le gouvernement vient d'augmenter un peu plus les
accises pour équilibrer le budget. Le jour où le dollar se redressera et que
les cotations internationales crèveront à nouveau les plafonds, les prix
pourraient réserver de bien mauvaises surprises et battre des records.» A
bon entendeur... © La Libre Belgique 2004 |
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