Le
nouveau code des marchés publics - régit par le décret n°2001-210 du 7
mars 2001 - dépoussière l'actuel code en l'allégeant et le simplifiant
de manière significative, afin de faciliter sa lecture par les acteurs de
la commande publique. Il a été réduit à 136 articles (399 dans
l'ancien code) regroupés en 6 titres qui suivent un plan chronologique en
exposant les règles applicables à chaque procédure : définition,
passation, exécution et contrôle d'un marché public. Enfin, dans un
souci d'unification, le code fusionne les règles applicables à l'Etat et
aux collectivités territoriales, tout en harmonisant les règles
nationales avec celles qui sont d'origines communautaires.
Introduction
notable : la notion du mieux disant, se substituant à celle du moins
disant...
Les
principales orientations
• Ouverture plus large de la commande
publique aux PME
C'est l'une des priorités du gouvernement : assurer un égal accès à la
commande publique aux PME, un secteur parmi les plus compétitifs et les plus
innovants du tissu économique. Le nouveau décret supprime les obstacles
techniques qui limitaient l'accès des PME à la commande publique afin de leur
permettre de mieux maîtriser les procédures d'offres des marchés publics, de
renforcer la concurrence et de varier les offres.
- Des formalités simplifiées
Le nouveau code simplifie le contrôle de la régularité fiscale et sociale des
entreprises : une simple déclaration sur l'honneur est désormais requise lors
de l'appel d'offre. Seule l'entreprise qui est retenue fournira les attestations
des organismes concernés.
-La répartition des marchés en lots (allotissement)
Le recours à la répartition d'un marché en plusieurs lots, pouvant être
attribué à plusieurs entreprises, est encouragé. Cette mesure permettra de
lever les obstacles techniques limitant l'accès des PME à la commande
publique.
- Des délais de paiement encadrés
Les collectivités publiques doivent s'engager à fixer par contrat les délais
de paiements auprès des fournisseurs. Tout retard pourra donner lieu au
versement d'intérêts moratoires. Un délai maximum de 30 jours, contre 38
actuellement, est fixé dans le cas où celui-ci n'aurait pas été mentionné
au contrat
• La simplification des procédures de passation des marchés Le nouveau texte s'attache à mettre fin à la lourdeur des procédures de
passation de marchés publics et à en faciliter le déroulement. Ces procédures,
qui reposent sur la réduction du nombre de seuils mais aussi sur la hausse des
tarifs, sont désormais au nombre de quatre :
- Le marché sans formalité préalable (achat sur facture)
Pour les achats de faible montant est élargi à certains types de services. Les
marchés publics peuvent être passés sans formalité préalable lorsque le
seuil de 90 000 € H.T. n'est pas dépassé (art. 28). Le seuil actuel de 300
000 F H.T. est donc relevé de façon significative. Dans le domaine des
services récréatifs, culturels, sportifs, sociaux, juridiques, sanitaires, d'éducation,
il sera désormais possible de passer un marché sans formalité préalable (art
30).
- La mise en concurrence simplifiée
Destinée aux achats intermédiaires, c'est la procédure par laquelle la
personne publique choisit l'attributaire à la suite de négociations avec
plusieurs candidats, après publication au Bulletin Officiel d'Annonces des
Marchés Publics et mise en concurrence. La procédure de mise en concurrence
simplifiée s'applique pour les seuils compris entre 90 000 € H.T. et 130 000
€ H.T. pour l'Etat et entre 90 000 € H.T. et 200 000 € H.T. pour les
collectivités locales.
- Les appels d'offres
Les appels d'offres sont destinés aux achats importants, le choix s'opérant
sans négociation sur l'offre économiquement la plus avantageuse, c'est le
principe du 'mieux disant'. Cette procédure s'applique pour les marchés dont
les montants dépassent 130 000 € H.T. pour l'Etat et 200 000 € H.T. pour
les collectivités locales. Ce dernier montant rejoint le seuil communautaire
des marchés publics de fournitures et de services.
- Le marché négocié
Cette procédure permet à l'Etat ou aux collectivités de négocier directement
avec les fournisseurs afin de rechercher l'offre économiquement la plus intéressante.
Le marché est passé avec ou sans publicité préalable permettant la présentation
d'offres concurrentes. S'il n'y a pas de publicité préalable, il est passé
soit après mise en concurrence, soit sans mise en concurrence. Cette procédure
est toutefois limitée à des cas précis énumérés à l'article 35.
• L'utilisation accrue des nouvelles technologies de l'information Internet est un puissant facteur de développement assurant la diffusion élargie
et en temps réel de l'information. Devant cet état de fait, le décret
s'emploie à fixer les règles - qui seront toutefois à compléter - nécessaires
à la dématérialisation de la procédure d'achat. Cela s'inscrit dans la
volonté affichée du gouvernement de généraliser avant 2005 l'utilisation
d'Internet pour la diffusion et l'exploitation d'informations relatives aux
achats publics.
- La dématérialisation du processus d'achat public
L'article 56 du nouveau code ouvre désormais la possibilité de recourir à
Internet pour transmettre les offres de l'Etat et des collectivités mais aussi
les dossiers de candidature et les offres des entreprises. Il est à noter que
le site Internet du Ministère des Finances (MINEFI) permet déjà d'accéder
aux informations portant sur la réglementation des marchés publics, aux
formulaires destinés aux candidats et à l'ensemble des avis de publicité ou
d'appels publics à la concurrence.
- Renforcer la concurrence
La publication sur Internet des avis d'appels publics à la concurrence, des
besoins d'achat des administrations publiques permettent une plus large
information et plus grande transparence auprès des entreprises et particulièrement
des PME.
Le décret ouvre aussi la possibilité de recourir à des enchères inversées
par voie électronique pour certains achats de fournitures courantes. Les
entreprises peuvent dès lors proposer leur offres de prix et surenchérir en
temps réel à la baisse.
Ce nouveau code des marchés publics est entré en vigueur le 8 septembre 2001.
Plus concis, plus lisible, plus européen, plus soucieux des problèmes des
PME... ce décret regorge de promesses. Certaines orientations vont dans le bon
sens et vont permettre de renforcer à terme la compétitivité des PME et
d'encourager leur souci d'innovation.
Il faut cependant remarquer qu'il subsiste quelques
interrogations sur l'évolution du texte. En effet, certaines directives
communautaires portant sur la coordination des procédures de passation des
marchés publics sont en cours de refonte. Le décret devra en conséquence être
adapté dans un futur proche. De plus, des mesures législatives ultérieures
doivent être prises afin d'encadrer le régime de la sous-traitance,
actuellement régit par une loi de 1975
INFORMATIONS PRATIQUES
De nombreux sites mettent à disposition des acheteurs
publics des plates-formes d'informations.
• Le site du Ministère, www.mininfo.minefi.gouv.fr,
propose un service de téléchargement de formulaires (dossiers de
consultation, registre des dépôts, etc.).Le MINEFI propose également
sur son site www.finances.gouv.fr,
les premiers éléments de
réponses aux interrogations que suscite le nouveau code des marchés
publics.
• Le site de la Direction des Journaux Officiels, www.journal-officiel.gouv.fr,
édite en ligne le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics
(BOAMP).
• Au niveau européen, le site du Système d'Informations pour les
Marchés Publics, http://simap.eu.int,
présente des forums de discussion sur les façons d'améliorer les compétences
et offre une multitude de liens traitant des meilleures pratiques.
• Par ailleurs le nouveau code des marchés publics est en ligne sur
le site www.legifrance.gouv.fr.