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Négocier le prix avec les enchères inversées... quelles perspectives ?
Historique Tout
le monde connaît les ventes aux enchères : au coup de marteau final, le mieux
disant financier remporte le lot. Internet a permis d'inventer un système
exactement inverse : au coup de marteau (virtuel) final, c'est le moins disant
qui peut espérer remporter la mise. Ces achats aux enchères inversées sont nées
en 1996, aux Etats-Unis, dans les “laboratoires” de la société Freemarkets
(rachetée depuis par le groupe Ariba). Initialement, il s'agissait d'apporter
un service supplémentaire aux appels d'offres : la possibilité de confronter
les réponses. Puis s'est greffée l'idée de les confronter en temps réel, via
un site web, avec les fournisseurs directement connectés pour faire connaître
leur meilleure offre. Le tout sur une période assez longue (deux à trois
heures). Les achats aux enchères étaient nés. L'un des
prestataires français les plus significatifs en la matière, Synerdeal,
a donné des éléments précis sur une enchère menée pour un géant de l’aéronautique
européen. L'industriel leur a confié un appel d'offres de 400 millions
d'euros, répartis sur 22 lots. Synerdeal a identifié les fournisseurs, leur a
soumis un cahier des charges lot par lot, et les a invité à une séance
d’enchères en ligne. Une quarantaine de fournisseurs ont été sélectionnés,
répartis sur 18 fuseaux horaires. A l’instant T, les enchères ont commencé.
Chacun derrière son terminal, les représentants des fournisseurs voyaient les
enchères des concurrents symbolisées par un point sur l'écran. (Voir
graphique page suivante) Et les sous-enchères ont démarré. A l'arrivée, le
mandataire de Synerdeal a économisé 16 % de l'appel d'offres, soit plus de 60
millions d’euros. Cette technique est la plus efficace jamais mise au point
pour confronter les tarifs de fournisseurs et les mettre directement en
concurrence. Pour autant, le moins disant financier n'est pas certain de
l'emporter. La qualité d’une offre ne tient pas qu'au prix. La pratique
se répand sur les places de marché Mais la chose ne
fait désormais plus de doute : les processus d’achats aux enchères
interentreprises constituent l'application la plus importante du commerce électronique
B to B. Les grandes places de marché industrielles rodent leurs services depuis
2 ans, mais vont accélérer la tendance. Sur la place de marché de
l'automobile Covisint, plus de mille enchères inversées agrégeant 54
milliards de dollars de transactions ont déjà été menées. 85 % des produits
soumis à ces appels d’offres ne sont pas des achats hors production, mais
bien des pièces détachées. En 2001, le seul groupe Peugeot a passé plus de
200 millions d’euros d’enchères sur Covisint, dont les 2/3 concernent les
achats série (vitrages, cuir, bougies). Pour 2002, le groupe s’est fixé un
objectif dépassant le milliard d’euros d’enchères. EnjeuxLe volume d'enchères
réalisées croit chaque année dans l'univers de l'entreprise. D'après Kurt
Salomon Associates, il s'élèvera cette année à plusieurs centaines de
milliards d'euros. On parle de 20 milliards d'euros rien que pour la France. Les
distributeurs sont l'un des champions de la pratique. Le groupe Casino passe
ainsi un volume de 400 millions d'euros en enchères par an et Carrefour a déjà
passé 1,4 milliard d'euros. Désormais toute entreprise est susceptible
d'acheter par ce biais. Même les collectivités locales ont saisi les enjeux de
la dématérialisation et ont commencé à réaliser de substantielles économies
en utilisant les enchères en lignes. Elles sont d'ailleurs très appropriées
dans un contexte réglementé et normé. Les gains réalisés
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Alimentaire : 5 % ·
Non Alimentaire : 12 % ·
Achats généraux : 13 % ·
Produits intermédiaires 27 % ·
Informatique : 38 % ·
Télécom 43 % ec 2005
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