Le Vivier 

Capital de l'acheteur

 

Qu’est ce qui fait la différence entre un jeune acheteur, fraîchement émoulu, la tête bien faite, venant de prendre son poste et un autre, quel que soit son parcours, mais en poste depuis plusieurs années ? Sa connaissance du marché amont, du panel des fournisseurs potentiels, leur qualités et les personnes à contacter… en bref : son carnet d’adresses.

 

A ne pas confondre

Il ne faut pas confondre un « annuaire » que l’on peut trouver auprès de nombreux éditeurs, et le « carnet d’adresses » d’un acheteur. Le premier n’est qu’une liste avec des critères de filtres plus ou moins pertinents, tandis que le second est un répertoire recensant les entreprises ayant retenu l’attention de l’acheteur à un moment donné, et ayant donc été qualifiées, au moins informellement.

Dans mon jargon, je parle souvent de « Vivier » (ou encore « Vivier du sourcing © ») plutôt que de « Panel » fournisseurs. Les deux notions existent bien, et la différence entre « Vivier » et « Panel » est facile à comprendre. Tandis que le « Panel » est constitué de l’ensemble des fournisseurs actifs agréés ou en cours d’agrément, le « Vivier » regroupe TOUS les fournisseurs rencontrés ou pas, « prospects froids » ou actifs, ayant retenu l’attention de l’acheteur d’une manière ou d’une autre, et qu’il a QUALIFIES.

On étudiera le « Panel » avec des critères plus de gestion (chiffres d’affaires, potentiel de gains, risque) et d’optimisation (évaluations continues, notations, performance)Avec un bon carnet d’adresse, alors que le « Vivier du sourcing © » sera analysé plus en termes de prospectives, de veille, de marketing…

 

Construction du « Vivier du sourcing © »

Un bon « Vivier » doit comporter 5 éléments.

1.Tout d’abord, il doit identifier clairement l’entreprise répertoriée. On s’attachera à y indiquer les informations minimales pour une recherche par critères (on pourra se contenter par exemple du code postal, de la ville et du pays pour l’adresse). On y inclura, à chaque fois que c’est possible, les identifiants uniques (SIRET, IDTVA, etc.) forts utiles lors de recherches de bilans ou d’analyses de risques.

2.Ensuite, les noms et coordonnées des contacts rencontrés ou identifiés (on essaiera ici d’obtenir les lignes directes des contacts, ainsi que leur e-mails) seront associés à leur fonction et datés (les évolutions de postes sont fréquentes, et il est parfois intéressant de suivre les évolutions de carrière d’un contact).

3.Puis on associera à chaque entreprise répertoriée, une activité et une catégorie de biens et services fournis. On pourra, le cas échéant , indiquer un produit ou un process de fabrication spécifique.

4.En s’inspirant, si nécessaire, de la grille d’évaluation interne, on notera de façon estimative et informelle chacun des critères (sur une échelle de 0 à 5 par exple), et l’on datera.

5.Enfin, l’acheteur indiquera la note qu’il attribuerait, de manière totalement subjective, à ce fournisseur, en réponse à la question « si j’en avait l’opportunité, souhaiterais-je travailler avec cette source ? ».

 

Capital de l’acheteur

Comme on le voit, au fil des années, un acheteur va se constituer une base de donnée considérable. L’intérêt de cette base est de pouvoir lui faire gagner un temps appréciable lors de consultations nouvelles, ou d’urgences dans les approvisionnements.

Faute de temps, et de rigueur, les acheteurs ne capitalisent pas les nombreuses rencontres et contacts professionnels qu’ils font tout au long des années. Notre estimation porte à moins de 10% le nombre des contacts établis et « mémorisés », et à moins de 3% les contacts qualifiés réellement. Les autres sont constitués d’une simple carte de visite glissée dans un classeur…

Pourtant, ce sont des milliers d’heures qui sont consacrées à cette partie de la mission d’acheteur, qui partent donc en fumée…

Un bon « Vivier du sourcing © » représente un vrai capital pour l’acheteur, car il lui permet de rentabiliser le temps passé, et d’en gagner lors d’appels d’offres, en raccourcissant de façon drastique, le délai d’identification et de sélection des destinataires de la consultation.

 

Capital de la société

Les sociétés ne s’intéressent pas assez au « Vivier du sourcing ©  » et se focalisent toutes sur le « Panel », en confondant souvent tous les deux. Or, la consolidation en réseau des différents « Viviers » fait partie intégrante d’un système de « knowledge  management », de veille stratégique.

Les sociétés qui cherchent à maîtriser l’information ou qui subissent de plein fouet la guerre économique, ont bien compris tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir à structurer plus finement encore ces informations… Mais on s’éloigne alors de la notion de « Vivier du sourcing © » qui est purement destiné aux achats.

Ce « Vivier », dont font partie les fournisseurs du «Panel », rappelons-le, est un capital que l’on peut valoriser en matière de ressources (gain de temps, continuité du savoir…), et qui pourrait être valorisé comme bien immatériel, au même titre que le portefeuille client. Olivier Bruel, professeur à HEC à Paris, et auteur principal du livre « Management des Achats » lancera un groupe d’études en ce sens.

 

Quelle forme pour le « Vivier » ?

Peu importe la forme que le « Vivier » pourra prendre, pourvu qu’elle soit numérique ! Malgré de grands progrès, la plupart des ERP gère le « Panel » fournisseurs, et non le « Vivier du sourcing © ». Il convient donc de le traiter avec d’autres solutions.

La plus simple et la plus couramment usitée, est le traditionnel tableur. Il est facile à mettre en œuvre, mais se révèle vite dépassé pour des bases de données riches de plusieurs milliers de lignes. Il convient alors de passer à des logiciels de gestion de base de données, ou bien d’adopter des produits dédiés, à usage individuel, comme le Vivier © que nous développons avec un partenaire, ou exploitables en réseaux, comme peut le faire en partie LORCA.

L’étape ultime serait, d’après certains, le partage de cette base de donnée au sein de communautés de pratiques, dans le plus pur esprit web 2.0. Nous y viendrons peut être avec notre projet qui porte comme nom de code « le BINZ »…

 

Si vous éprouvez  le besoin d’avoir plus d’information sur le sujet, n’hésitez pas à nous contacter.

 

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