LE PRINCIPE "POLLUEURS PAYEURS":
LE PROTOCOLE DE KYOTO ENTRE EN VIGUEUR
Christophe
Magdelaine de www.notre-planete.info(Portail d'information et de communication en environnement & géographie)
La ville de Kyoto au japon a enfin fêté l'entrée en vigueur du fameux Protocole
de Kyoto qui unit une majorité de pays du monde dans une réduction
sensible des émissions de gaz à effet de serre.
Qu'est-ce que le Protocole de Kyoto ?
Ce document est le premier
programme légalement contraignant destiné à lutter contre le réchauffement
climatique. Il s'inspire d'un plan lancé en 1992 au Sommet de la Terre de Rio,
qui prévoyait à l'horizon 2000 la stabilisation des émissions de gaz à effet
de serre à leur niveau de 1990. Cet objectif n'a pas été atteint.
La Convention-Cadre des nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) a
reconnu l'existence de changements climatiques induits par les activités
humaines. Il a alors été déclaré que les pays industriels, en tant que
principaux responsables, devaient lutter contre ce phénomène.
L'objectif énoncé par la CCNUCC est de "stabiliser les concentrations de
gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute
perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Et ce en
convenant "d'atteindre ce niveau dans un delai suffisant pour que les écosystèmes
puissent s'adapter naturellement aux changements climatiques, que la production
alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se
poursuivre d'une manière durable."
La 3ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques, s'est tenue à Kyoto (Japon) en décembre 1997. Le
protocole qui en est issu, engage juridiquement et quantitativement les pays
signataires à réduire de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre pour
l'horizon 2008/2012, par rapport à leurs émissions de 1990.
Cependant, pour l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, deux conditions étaient
indispensables :
1. au moins 55 pays devaient le ratifier
2. parmi eux, ceux visés par l’annexe 1 de la Convention (c’est-à-dire
pays de l’OCDE sauf Mexique et Corée, et pays dits en transition), devaient
cumuler au moins 55 % des émissions de CO2 en 1990.
Avec l'annonce de la ratification russe le 18 novembre 2004 (la Russie est
responsable de 17% des émissions mondiales), le protocole de Kyoto a pu entrer
en vigueur 90 jours après.
L’entrée en vigueur du Protocole signifie qu’à partir du 16 février
2005 :
1. Trente-cinq pays industrialisés et la Communauté européenne sont légalement
tenus de réduire leurs émissions combinées de six importants gaz à effet de
serre sur une période de cinq ans, entre 2008-2012, en dessous des niveaux de
1990.
2. Le marché international du commerce de carbone reçoit un fort signal du
marché. Le régime du "commerce d’émissions" du protocole permet
aux pays industrialisés d’acheter et de vendre des crédits d’émissions
entre eux; cette approche basée sur le marché améliorera l’efficacité et
la rentabilité des réductions d’émissions.
3. Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) se voit fortement stimulé. Le
MDP encourage les investissements dans les projets qui limitent les émissions
dans les pays en développement tout en promouvant le développement durable.
4. Le Fond d’adaptation du Protocole, établi en 2001, peut devenir opérationnel
pour assister les pays en développement à faire face aux effets négatifs des
changements climatiques.
Une avancée encore insuffisante
Au 02 février 2005, 141 Etats, qui couvrent 80 % de la population mondiale,
avaient ratifié le Protocole pour un pourcentage d'émissions de gaz à effet
de serre qui représente 61% des émissions mondiales.
Pour autant, l'administration américaine a retiré les Etats-Unis (responsable
de près de 36% des émissions de gaz à effet de serre) du Protocole de Kyoto
en mars 200.
Le président américain George Bush a estimé que Kyoto était trop coûteux
pour l'industrie et qu'il avait tort d'exempter dans un premier temps les pays
en voie de développement.
En effet, le Protocole de Kyoto, n'inclut pas, au moins jusqu'en 2012, des pays
en voie de développement tels que l'Inde, la Chine et le Brésil, qui abritent
pourtant plus d'un tiers de la population mondiale et qui deviendront dans
quelques années les premiers émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.
La raison évoquée n'est toutefois pas acceptable et n'excuse pas cette prise
de position irresponsable... même si de nombreux signataires du pacte ne
respectent pas leurs engagements.
A ce titre, l'Espagne et le Portugal étaient ainsi en 2002 à 40,5% au-dessus
du niveau des émissions de 1990, l'Irlande à 28,9% et la Grèce à 26%, selon
les chiffres de l'Onu. Par comparaison, l'Australie se situe à 22,2% au-dessus
des niveaux de 1990, et les Etats-Unis à 13,1%... Au Japon, première économie
mondiale, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de huit pour
cent par rapport à 1990.
Même s'il est scrupuleusement appliqué, le protocole ne réduira la hausse prévue
des températures d'ici 2100 que de 0,1 degrés Celsius, selon les projections
de l'Onu, ce qui est insuffisant en regard des projections du Groupe
Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui évalue la hausse de
température à l'horizon 2100 entre 1,4 et 5,8 degrés Celsius.
"Il n'y a pas de temps à perdre !"
"Kyoto fournit une base très solide pour notre politique en matière de
changement climatique", se félicite Klaus Toepfer, chef du Programme des
Nations unies pour l'environnement, qui y voit une première étape dans la
lutte contre des modifications du climat potentiellement catastrophiques.
"C'est un grand pas en avant dans notre lutte contre ce qui constitue l'un
des plus grands défis du 21e siècle: le changement climatique", a déclaré
le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan.
"Le changement climatique est un problème mondial. Il exige une réaction
mondiale, et concertée", a-t-il ajouté. "J'appelle la communauté
internationale à faire preuve d'audace, à adhérer au protocole de Kyoto, et
à se hâter de prendre les mesures nécessaires. Il n'y a pas de temps à
perdre !"
Dans une allocution enregistrée projetée à l’occasion d’une manifestation
organisée spécialement à Kyoto par le gouvernement japonais, le président de
la Commission, M. José Manuel Barroso, déclare: “Il est vital que nous
fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver notre planète pour le
salut des générations futures, mais aussi que nous la rendions plus sûre pour
nous tous aujourd’hui. Le protocole de Kyoto est une première étape,
essentielle, dans ce sens. Son entrée en vigueur aujourd’hui indique
clairement au monde des affaires notre besoin de nouvelles technologies
respectueuses du climat.”
M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, a ajouté:
“La lutte contre le changement climatique n’est pas une possibilité,
c’est une nécessité. Si la température du globe continue d’augmenter,
c’est notre bien-être et nos économies qui seront menacées. C’est
pourquoi l'UE s’emploie avec la plus grande énergie à atteindre les
objectifs de réduction des émissions que lui fixe le protocole de Kyoto. Mais
un nombre écrasant d’études scientifiques montre que nous devons intensifier
nos efforts et chercher à réduire drastiquement les émissions dans le monde
entier.
Kyoto n’est qu’une première étape – l’UE est disposée à examiner des
mesures plus ambitieuses pour l’après-2012 et nous invitons instamment le
reste de la communauté internationale à prendre part à cette discussion sans
tarder.”
Des teneurs en gaz à effet de serre qui s'emballent...
Les chercheurs ont obtenu par l'analyse de multiples carottes glaciaires des
bornes trés précises quant aux teneurs "normales" observées sur
plus de 420 000 ans pour le CO2 et le CH4 :
- les concentrations en CO2 sont comprises entre 190 ppm (ères glaciaires) et
300 ppm (périodes chaudes). Les mesures effectuées à l'observatoire de Mauna
Loa et l'étude des bulles d'air emprisonnées dans les calottes polaires,
montrent que la concentration est passée d'environ 270 ppm dans les années
1850 (début de la civilisation industrielle) à 375 ppm actuellement.
- pour le CH4, il fluctue entre 350 et 750 ppb, or nous avons déjà dépassé
les 1700 ppb.
Les responsables : les activités humaines
Ce sont les gaz à effet de serre anthropiques (c'est à dire d'origine humaine)
émis en excès dans l'atmosphère qui modifient notre climat via un réchauffement.
Ces gaz sont bien connus : gaz carbonique (CO2), méthane (CH4), protoxyde
d'azote (N2O), ozone (O3), hexachlorofluorocarbone (HCFC), perfluorocarbures
(PFC) et hexafluorure de soufre (SF6). Ils proviennent de nos activités : déplacement
(automobile notamment), consommation, agriculture (via l'élevage), production
d'énergie (via les centrales à charbon par exemple)...
Les conséquences attendues
Les changements climatiques induits par cette augmentation de la concentration
des gaz à effet de serre auront des conséquences multiples et difficiles à
certifier. Cependant, ils devraient causer des modifications, aux échelles régionale
et planétaire, de la température, des précipitations et d'autres variables du
climat, ce qui pourrait se traduire par des changements mondiaux dans l'humidité
du sol, par une élévation du niveau moyen de la mer et par la perspective d'épisodes
plus graves de fortes chaleurs, d'inondations, de sécheresses...
Comment agir pour une société plus durable ?
Il est dorénavant acquis que nous, citoyens des pays industrialisés, sommes
pleinement reponsables de la dégradation de l'environnement (jusqu'à l'échelle
planétaire), autant sur le point du changement climatique, de la biodiversité,
des ressources que de notre santé et notre cadre de vie.
Cependant, nous croyons souvent à tort que la défense de notre santé et notre
environnement n'est pas de notre ressort, alors qu'en tant que consommateurs,
nous représentons une force considérable.
A ce titre, nous vous proposons de découvrir notre dossier qui présente
quelques gestes simples, responsables, efficaces et de surcroît économiques !
Pour qu'au quotidien, ils contribuent au développement durable de nos sociétés,
seule solution censée pour les générations en cours et à venir.