LA CLASSIFICATION DES ACHATS

Le point sur l’art et la manière

 

  • Un peu d'histoire
  • Le classement des produits et de l'activité
  • Les enjeux d'une classification correcte
  • L'organisation du système de classement, un réel métier

 

L’Homme a de tous temps essayé de comprendre l’univers qui l’entoure, et pour mieux le comprendre, de l’organiser. Pour y parvenir, il a procédé tout d’abord par l’ observation et le classement des espèces animales.

Un peu d’histoire

Les premières tentatives de classification remontent à l’an 400 av. J.-C., dans la Grèce antique, avec les écrits d’Hippocrate. Toutefois, c’est Aristote qui, le premier, mit au point un véritable système de classification du monde vivant. L’émergence de la zoologie en tant que science commence, à la Renaissance, par un intérêt marqué pour l’anatomie. Léonard de Vinci fut un précurseur dans ce domaine, bien que ses études anatomiques n’aient pas retenu l’attention de ses contemporains. Léonard fit des observations minutieuses du corps humain et de celui de certains animaux, réalisant de nombreuses dissections. Il remarqua, par exemple, que l’organisation des articulations et des os de la jambe du cheval est similaire à celle observée chez l’Homme. Il aborda ainsi le concept d’homologie (similitude de parties correspondantes chez différents types d’animaux). Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les zoologistes s’intéressèrent surtout à la classification des espèces, fondée sur l’anatomie comparée. C’est le botaniste suédois Linné qui apporta l’une des contributions les plus importantes à ce domaine. Il mit au point un système de nomenclature et de classification encore utilisé de nos jours (le système binomial, dans lequel chaque espèce reçoit un nom à deux composantes), et fit de la taxinomie une discipline. Pour établir sa classification, il s’inspira des travaux du naturaliste anglais John Ray et se fonda sur la forme des dents et des orteils pour différencier les mammifères, et sur la forme du bec pour classer les oiseaux. Ainsi, tout être vivant qualifié par un nom commun (utilisé par les non scientifiques) est également qualifié par un nom d’espèce, puis par son appartenance à un classement arborescent.

Ainsi un vulgaire moustique est en fait un Culex pipiens (« qui pique ») de son nom d ‘espèce, et fait partie du genre : Culex (du latin « Moustique ») ; de la famille : Culicidés ; du sous-ordre : Nématocère ; de l’ordre : Diptère ; du superordre : Mécoptéroïde ; de la sous-classe : Ptérygote ;  de la classe : Insecte ; du sous-embranchement : Mandibulate ; de l’embranchement : Anthropode… ouf ! Comme on le voit, ce système n’est pas si éloigné de celui que nous connaissons bien, de familles et sous-familles d’achat. A titre d'exemple, voici le schéma constructif du système proposé par l'UNSPSC ® (United Nations Standard Product & Services Code):

 

le produit "pen refills" fait partie d'une plus grande classe de produits, du"Ink and lead refills", laquelle fait partie alternativement d'une famille des produits, "Office supplies" qui est elle-même une partie d'un segment de produits, "Office Equipment, accessories and supplies". Chaque niveau de l'arborescence a son propre nombre unique.

 

Hierarchy
Category Number and Name
Segment 44  Office Equipment, Accessories and Supplies
10 Office Machines and their supplies and accessories
   
11 Office and desk accessories
Family 12 Office supplies
15 Mailing supplies
16 Office supplies
17 Writing instruments
   
18 Correction media
Class 19 Ink and lead refills
01 India ink
   
02 Lead refills
Commodity 03 Pen refills
“Pen refills” = UNSPSC classification 44-12-19-03.

 

 

 

 

Le classement des produits et de l’activité

 

Nous n’allons pas faire l’inventaire de tous les domaines que l’Homme a tenté de classer et d’organiser, ce serait trop vaste. Nous allons nous intéresser à notre activité, aux achats, pour voir que là aussi les professionnels et chercheurs se sont évertués à ranger les produits et les activités dans des groupes et sous groupes, dont la pertinence est parfois douteuse.

Pourquoi ce classement est-il parfois douteux ? Pour ce qui est des produits achetés, il a souvent été fait en fonction de la destination des produits ou matières achetés, et non de leur nature ou marchés de provenance. Cela conduit souvent à des familles dont l’étude ne révèle rien de pertinent à l’acheteur qui s’intéresse en priorité au marché amont. Nous avons même constaté dans certains classements des méthodes hybrides, utilisant tantôt des critères amont, et tantôt des critères aval… Il devient difficile d’y voir clair. Pour ce qui est de l’activité, servant à ranger en catégories nos fournisseurs, là aussi on peut voir des erreurs fréquentes. Le code APE étant jugé insuffisant, on a classé les fournisseurs en fonction des produits que l’on achète chez eux. Et on se retrouve rapidement confrontés à des dilemmes, dans le cas de sociétés fournissant plusieurs types de produits. On choisit alors une catégorie principale… et on ne consultera plus jamais cette source sur les autres catégories, car elle n’est plus identifiée comme telle !

Le classement des produits a très souvent été uniquement vu à travers l'oeil du comptable (comptabilité analytique) ou de l'industriel (nomenclatures de production), mais leur vision ne correspond pas aux besoins et aux attentes de l'acheteur.

 

Les enjeux d’une classification correcte

 

Pourquoi devrait on passer tant de temps à classer les articles achetés, ou les fournisseurs potentiels ? De toute façon, ils ont un code article, et bien souvent une fiche article complète et mise à jour… Alors qu’est ce qui motive l’acheteur à investir du temps, et parfois de l’argent (progiciels, conseils externes…) ?

L’argent bien sûr ! Pour réaliser des actions de gains ciblées, et pertinentes, il faut identifier la cible. Pour cela il faut parfaitement bien connaître son portefeuille achat. Comment le faire lorsque l’on traite plus de 6000 références ? Nous allons travailler sur les masses des Familles et sous-familles. Encore faut-il qu’elles soient pertinentes. Un mot qui revient décidément bien souvent !

Comment définir la pertinence d’une famille ? Lorsque l’on étudie ladite famille, il faut que les produits qui la composent suivent les mêmes règles de marché amont. C’est un des critères.

Visualiser son portefeuille achat, détecter les incohérence ou doublons, cibler les actions les plus rentables, autant d’enjeux rendus possibles uniquement par une classification correcte des articles et des fournisseurs.

 

 

L’organisation du système de classement, un réel métier

 

On le voit bien, l’organisation des achats et le classement des sources est une activité qui nécessite des connaissances globale du système d’information, pour savoir ce qui est possible et surtout ce que l’on veut. L’informaticien ou le « comptable » ne doivent pas être les seuls pilotes dans cette affaire. L’acheteur doit être impliqué et s’impliquer également.

 

ec2004

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