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I. Quelques définitions
II. Comment peut varier le prix d'un marché ?
III. Le choix et la détermination de la formule de
variation
IV. Les contraintes appliquées aux formules de
variation des marchés de travaux
V. Un peu de réglementation
VI. Exemples chiffrés d'application
I. Quelques définitions
Un
index est un élément composite
incorporant un pourcentage de salaires et charges et un pourcentage de
différents matériaux et/ou prestations diverses.
Un
indice exprime l'évolution du
prix d'un produit ou d'un service. Chaque nouveau prix est comparé au
prix d'origine, retenu comme base de l'indice.
Un
indice de coût de la main d'oeuvre
est un indice de salaires incluant les charges patronales.
L'actualisation
des prix est
une réévaluation globale du prix initial, effectuée, en principe une
seule fois, avant le début de l'exécution des travaux.
La
révision
des prix se
calcule mois par mois, ou acompte par acompte. Pour les marchés publics
de travaux (marchés nouveaux signés à compter du 1er
janvier 1987), la partie fixe minimale du prix (c'est-à-dire non révisable)
est de 0,125.
II. Comment peut
varier le prix d'un marché récurent
Le
choix de la forme de prix retenue pour un marché résulte, dans la
presque totalité des cas, de la négociation ayant eu lieu entre les
parties contractantes.
Ce n'est pratiquement que dans le cas de marchés captifs, réglementés
ou dominés par le fournisseur, que ces formules de prix sont imposées
et non négociables.
Pour
les marchés de travaux de l'Etat et de ses établissements publics
autres que ceux ayant le caractère industriel et commercial, le critère
de durée est, depuis le décret n° 79-992 du 23 novembre 1979, celui
des "aléas majeurs" susceptibles d'intervenir à raison de l'évolution
raisonnablement prévisible des conditions économiques pendant la période
d'exécution des prestations.
Quant aux autres maîtres d'ouvrage publics, il leur est fortement
recommandé de se référer à ce critère de durée pour la préparation
de leurs marchés.
Pour
les marchés privés, il n'existe aucun critère de ce genre,
obligatoire ou recommandé. C'est la liberté contractuelle complète et
les solutions adoptées sont de ce fait très diverses. D’où la nécessité
de bien maîtriser tous les éléments à négocier, et out peut se négocier…
La
variation des prix s'exprime sous la forme d'un coefficient issu de la
formule prévue au contrat. C'est le coefficient d'actualisation ou le
coefficient de révision.
1. Actualisation
L'actualisation consiste à remplacer le prix
ferme d'un marché (prix Po) par un autre prix ferme (prix P’o):
c'est-à-dire que l'actualisation est unique et que le coefficient
d'actualisation ne s'applique qu'une seule fois sur le prix total du
marché.
Par ailleurs, cette clause n'est pas automatique.
Son déclenchement ne s'effectue que si un certain délai (plus de trois
mois) s'écoule entre le mois d'établissement des prix (mois zéro) et
la date d'effet de l'ordre de service portant commencement d'exécution
des prestations.
Ainsi, tous les marchés actualisables ne sont pas
nécessairement actualisés.
2. Révision
La révision a pour objet de revaloriser périodiquement
(mensuellement, en général) le montant exprimé en valeur de base du
marché (valeur initiale) des prestations exécutées pendant la période
ou le prix unitaire des matières ou matériels achetés. Cette clause
est automatique et joue pendant toute la durée d'exécution du marché.
III. Le choix et la détermination
de la formule de variation
Selon
qu'il sera décidé que le marché comportera une formule se référant
soit à des paramètres composites (comme les index) soit à des paramètres
élémentaires (comme les indices, les coefficients de charges
salariales ou les prix), il sera nécessaire, pour déterminer la
formule à retenir, de procéder à une décomposition
"logique" ou "grammaticale" du prix initial du marché,
que celui-ci résulte de la somme de forfaits partiels ou qu'il soit
passé sur prix unitaires.
1.
Dans le cas d'index, c'est la décomposition logique. Il suffit en effet
de découper le prix global d’un marché (ou plutôt de l'estimation
globale car le marché n'est pas encore passé) en tranches d'activités
correspondant à chacun des index.
A titre d'exemple, pour un marché de gros oeuvre de bâtiment
comprenant terrassement, ossature en béton armé, remplissage en
briques, revêtement des façades en plaques de pierre naturelle et
carrelage des sols en grès cérame, la décomposition serait la
suivante :
- terrassement:
index BT02,
- ossature
en béton armé: index BT06,
- maçonnerie
en briques: index BT04,
- revêtement
en pierre: index BT14,
- carrelage
céramique: index BT09.
2. Dans le cas de paramètres simples, le prix doit être décomposé
« grammaticalement » de manière à faire apparaître
l'importance de chacun de ses éléments constitutifs dont l'évolution
des coûts sera suivie dans le jeu de la formule de variation recherchée.
A titre d'exemple, dans le cas d'un marché pluriannuel portant sur des
pièces en PA 6.6 injecté, les différentes opérations à effectuer
consisteront à décomposer
le prix unitaire en ses éléments constitutifs à partir des sous-détails.
De manière à éviter d'avoir une formule trop compliquée :
- les
pourcentages infinitésimaux peuvent être négligés,
- les
pourcentages des éléments dont il est estimé que les évolutions
de leur prix seront pratiquement identiques peuvent être regroupés
au profit de l'élément qui a le plus fort pourcentage (il en est
ainsi habituellement des pourcentages des matières plastiques dont
les courbes d’évolution sont quasiment identiques, regroupés
sous l'appellation matières plastiques),
- les
éléments constitutifs des frais et charges indirects, et de la
marge, sont englobés dans la notion de « Valeur Ajoutée »
(V.A.).
- enfin,
les pourcentages retenus sont arrondis à deux décimales, leur
somme devant être égale à 1.
Une
formule qui se détermine ainsi est communément dénommée
"formule paramétrique traditionnelle". Par exemple, dans un
marché de pièces en PA 6.6 injecté, une telle formule peut revêtir
la forme suivante :
|
- M.O.
|
0,25
|
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- machine
|
0,20
|
|
- matière
|
0,26
|
|
- V.A.
|
0,20
|
|
- emballage
|
0,04
|
|
- transport
|
0,05
|
|
Total
|
1,00
|
Il
suffit ensuite de se référer à des indices élémentaires (à défaut,
à des prix de matériaux) pour appréhender l'évolution du coût de
chaque élément de la formule.
Dans le cas présent, on pourra se référer par exemple :
- pour
la main d’œuvre, les
salaires, à l'indice (national ou régional) des salaires des
ouvriers du secteur concerné, si disponible.
- pour
les machines, les
indices des équipements industriels de l’Insee ou de l’Usine
Nouvelle,
- pour
les matières, les indices Insee pour les produits semi-finis, ou
des indices sectoriels spécifiques (mércuriales des matières
plastiques, le Harrimann, le Platts, le PPI…),
- pour
le transport, les indices CNR...
- la
V.A. étant en général englobée dans la partie fixe, également
appelée coefficient de stabilisation.
MO,
MAC, MAT, TR deviennent, par exemple, les paramètres de la formule
recherchée, avec l’exposant 1 ou 0 (0 désignant l’indice
initial, et 1 le final) laquelle s'exprimera comme suit:
P1
= P0 x [ 0,24 + ( 0,25 x MO1/MO0) + (0,20 x MAC1/MAC0 ) + (0,26 x
MAT1/MAT0) + (0,05 x TR1/TR0) ]
Dans
certains cas, on se limite à la simple part matière, tous les autres
éléments étant englobés dans une appellation élargie de la V.A..
IV. Les contraintes
appliquées aux formules de variation des marchés de travaux
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MAITRES
D'OUVRAGE
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ACTUALISATION
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RÉVISION
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Etat et ses Etablissements publics
autres que ceux ayant le caractère industriel et commercial
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1° Déclenchement seulement
si le délai d'attente devient supérieur à 3 mois entre la date
de l'établissement du prix et la date d'effet de l'ordre de
service de commencement des travaux.
2° Obligation de lire les
valeurs des paramètres numérateurs des formules à index ou à
paramètres élémentaires avec un retour en arrière de 3 mois
par rapport au mois de la date d'effet de l'ordre de service de
commencer les travaux.
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Marchés établis à compter du 1er janvier 1987:
partie fixe minimale de 12,5%.
|
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Autres Maîtres d'ouvrage publics
|
Recommandation mais non obligation d'appliquer le régime des
marchés de l'Etat. D'où la possibilité d'appliquer le régime
sans retour en arrière de 3 mois pour la lecture des paramètres
numérateurs, tout en maintenant le délai de déclenchement.
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Même régime d'ordre public que ci-dessus.
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|
HLM (sauf Offices Publics)
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Régime des marchés de l'Etat mais:
- délai de déclenchement > 90 jours,
- retour en arrière de 3 mois de lecture des paramètres appréciés
pour chaque lot séparé.
|
Même régime d'ordre public que ci-dessus.
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Société d'Economie Mixte
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Liberté totale.
|
Même régime d'ordre public que ci-dessus.
|
|
Privés
|
Liberté totale.
|
Liberté totale.
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V. Un peu de réglementation
1.
Révision de prix des marchés de travaux
1-1.
Régime des marchés publics
Il
y a deux catégories de marchés publics: le marché à prix ferme et le
marché à prix révisable.
Le marché à prix ferme doit comporter une clause d'actualisation.
Celle-ci ne peut jouer que s'il s'est écoulé plus de trois mois entre
la date d'établissement du prix et celle de la date d'effet de l'ordre
de service de commencement des travaux. Les valeurs finales des paramètres
doivent alors être lues avec un décalage de trois mois.
Le marché à prix révisable doit comporter :
- pour
les marchés dont la date d'engagement sur les prix est postérieure
au 31 décembre 1986, une partie fixe minimale de 12,5%, selon
les dispositions de l'article 3 du décret n° 79-992 du 23 novembre
1979 (1),
restées en vigueur après l'abrogation de l'ordonnance n° 45-1483
du 30 juin 1945 par l'ordonnance n° 86-1243 du 1er
décembre 1986,
- pour
les marchés dont la date d'engagement sur les prix est antérieure
au 1er janvier 1987, une partie fixe de 15% imposée
par l'arrêté n° 81-53/A du 30 décembre 1981.
1-2. Régime des marchés privés
En
matière de marchés privés, depuis la parution de l'arrêté n°
80-64/A du 13 août 1980, les parties prenantes au contrat peuvent établir
librement leurs formules de révision: plus de partie fixe obligatoire,
plus de marge de neutralisation imposée.
Nota:
pour les marchés publics comme pour les marchés privés, les parties
peuvent adopter les paramètres qu'elles désirent (prix ou
indices de matériaux, taux ou indices de salaires, index...). Une
seule condition: que les éléments choisis pour la révision soient
en rapport avec l'objet du contrat, conformément à l'ordonnance n°
58-1374 du 30 décembre 1958 sur les indexations.
2. Révision des contrats de construction de
maison individuelle
Les
contrats de construction de maison individuelle et de vente d'immeubles
à construire signés depuis le 15 juillet 1984 peuvent être révisés
en utilisant l'index BT01. Toutefois, les dispositions de la loi n°
84-601 du 13 juillet 1984, précisées par le décret n° 85-829 du 29
juillet 1985 et modifiées par la loi n° 90-1129 du 19 décembre 1990 déterminent
deux systèmes de mise à jour du prix possibles:
- soit
au moment de la date d'obtention des autorisations administratives
ou de la date de réalisation de la clause suspensive prévue au
contrat; le prix de base est révisé d'après la totalité de la
variation de l'index BT01, le nouveau prix devenant un prix ferme et
définitif (c'est une actualisation);
- soit
sur chaque paiement, compris entre la date de signature du contrat
et la date de livraison prévue au contrat, mais en ne retenant que
60 à 80% de la variation de l'index BT01 (c'est une révision, avec
une partie fixe importante: 20 à 40%). La révision ne pourra pas
ici excéder 9 mois après la date d'autorisation ou de réalisation
de la condition suspensive.
3. Conduite des calculs d'actualisation/révision
L'article
11.6 du Cahier des Clauses Administratives Générales (CCAG) des marchés
publics de travaux stipule que "le coefficient de révision est
arrondi au millième supérieur". Ainsi, le résultat 1,0495 se
traduira par 1,050; de même, 1,04901 sera également arrondi à 1,050.
VI. Exemple chiffré
d'application
Actualisation
et révision du prix d'un marché de menuiserie PVC
Marché comportant la fourniture et la pose de menuiseries en
PVC d'un ensemble immobilier pour le compte d'un maître d'ouvrage privé.
a) Caractéristiques du marché
Prix initial du marché = 120 000 € hors TVA.
Date d'établissement du prix Po = septembre 2005.
Date limite de remise des offres = 15 octobre 2005.
Le contrat prévoit l'actualisation du prix du marché par application
de la formule de révision, sans partie fixe, pour le cas où la date de
commencement des travaux (fixée par ordre de service) interviendrait
plus de trois mois après la date de remise des offres.
Il est prévu en outre que le prix serait actualisé à la date fixée
pour le début des travaux.
Le début des travaux est fixé au 15 février 2006.
b) Formule de révision prévue au marché
P = Po x [ 0,125 + 0,875 x ( BT51 / BT51o )
dans laquelle:
Po = montant initial du marché = 120 000,00 € hors TVA.
P = montant révisé hors TVA.
BT51o = valeur de l'index BT "menuiserie PVC" à la date d'établissement
du prix en septembre 2005.
BT51 = valeur du même index à la date de révision.
c) Actualisation du prix initial du marché
Le marché est actualisé à la date du 15 février 2006,
plus de trois mois s'étant écoulés depuis la date limite de dépôt
des offres (15 octobre 2005).
Les valeurs de l'index BT51 sont de 117,1 pour septembre 2005 et de
117,2 pour février 2006.
La formule à utiliser pour l'actualisation est déduite de la formule
de révision prévue au marché, mais sans partie fixe, soit:
P = Po x ( BT51 / BT51o )
L'application de cette formule donne le résultat suivant:
P'o = Po x ( BT51 fév. 06 / BT51 sept. 05 )
P'o = Po x ( 117,2 / 117,1 )
P'o = Po x 1,00085397... (arrondi à 1,001)
P'o = 120 000,00 x 1,001
P'o = 120 120,00 € hors TVA.
L'actualisation venant d'être effectuée en février 2006, les
nouvelles conditions économiques de base pour la révision qui va
suivre vont être celles de février 2006 et non celles de septembre
2005.
d) Valeurs à utiliser pour la révision
Nous supposerons que les travaux s'échelonnent sur quatre
mois, de mars 2006 à juin 2006.
Les situations mensuelles suivantes sont établies:
|
Mois
|
Prix
initial Po
|
Prix
actualisé P'o
|
Valeurs
du BT51
|
|
Février
2006
|
-
|
-
|
117,2
|
|
Mars
2006
|
30
000,00
|
30
030,00
|
118,0
|
|
Avril
2006
|
30
000,00
|
30
030,00
|
118,0
|
|
Mai
2006
|
30
000,00
|
30
030,00
|
118,1
|
|
Juin
2006
|
30
000,00
|
30
030,00
|
119,5
|
|
|
120
000,00
|
120
120,00
|
|
e)
Révision des situations mensuelles
1.
Mars 2006 :
P = P'o x [ 0,125 + 0,875 x ( 118,0 / 117,2 ) ]
P = P'o x 1,00597269... (arrondi à 1,006)
P = 30 030,00 x 1,006
P = 30 210,18 €.
2.
Avril 2006 :
P = P'o x [ 0,125 + 0,875 x ( 118,0 / 117,2 ) ]
P = P'o x 1,00597269... (arrondi à 1,006)
P = 30 030,00 x 1,006
P = 30 210,18 €.
3.
Mai 2006 :
P = P'o x [ 0,125 + 0,875 x ( 118,1 / 117,2 ) ]
P = P'o x 1,00671928... (arrondi à 1,007)
P = 30 030,00 x 1,007
P = 30 240,21 €.
4.
Juin 2006 :
P = P'o x [ 0,125 + 0,875 x ( 119,5 / 117,2 ) ]
P = P'o x 1,01717150... (arrondi à 1,018)
P = 30 030,00 x 1,018
P = 30 570,54 €.
f)
Récapitulation
|
Mars
2006
|
30
210,18 €.
|
|
Avril
2006
|
30
210,18 €.
|
|
Mai
2006
|
30
240,21 €.
|
|
Juin
2006
|
30
570,54 €.
|
|
Prix
révisé (actualisation + révision) hors TVA
|
121
231,11 €
|
|