Externaliser, généralités et méthode

par Jean Chevrier

Consultant 

 

 

L’externalisation peut être définie comme le fait de confier le management d’une activité à un fournisseur ou à un prestataire extérieur.
 4 grands types d’externalisation peuvent être distinguées
- L’ externalisation traditionnelle
- L’externalisation traditionnelles avec désintégration
- L’externalisation stratégique avec désintégration
- L’externalisation stratégique
Quelque soit le type d’externalisation, l’objectif visé sera forcément l’un des trois suivants:
- L’amélioration du fonctionnement de l’activité externalisée;
- L’accroissement de la contribution de l’activité externalisée à la performance globale de l’entreprise;
- L’exploitation commerciale de l’activité externalisée.

 

 

Facteurs favorisant l’essor de l’externalisation
L’essor actuel de l’externalisation peut essentiellement être attribué à des facteurs économiques.
 L’impératif de création de valeur;
 La croissance des marchés de prestations de services;
 Le développement des NTIC (nouvelles technologie d’information et de la communication)
 Le recours généralisé au benchmarking
Outre les facteurs économiques, le développement de l’externalisation a également été influencé par un phénomène de mimétisme. Externaliser par mimétisme peut cependant se révéler dangereux

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Les bénéfices de l’externalisation
Les bénéfices de l’externalisation sont nombreux. Toutefois, la plupart d’entre eux peut être ramenés à l’un des grands bénéfices génériques suivants:
 la réduction
 l’amélioration de la performance
 le centrage sur le cœur de métier
 l’amélioration de la gestion
Si l’on considère les attentes des entreprises par rapport à l’externalisation, on constate que la réduction des coûts reste le bénéfice qui déclenche le plus fréquemment les opérations d’externalisation. Il est suivi par le recentre sur le cœur de métier et l’amélioration de la performance. L’amélioration de la gestion apparaît plus en retrait. Cette hiérarchisation est très stable d’une activité à l’autre

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Les risques l’externalisation
Les risques de l’externalisation sont nombreux. Toutefois, la plupart d’entre eux peut être ramenés à l’un des grands risques génériques suivants:
 La sous performance
 La dépendance envers le prestataire
 La perte du savoir-faire et des compétences
 Le risque social
. La hiérarchisation de ces risques fait apparaître que le risque de dépendance envers le prestataire domine largement les autres. Il est suivi par la sous performance et la perte de savoir-faire. En revanche, le risque social est nettement distancé

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La théorie des coûts de transaction
La théorie des coûts de transaction suggère que la décision d’externalisation ou de ne pas externaliser est fonction du niveau des quatre attributs des transactions: la spécificité des actifs, l’incertitude, la fréquence et la difficulté de mesure de la performance. En outre, elle montre que trois types de contrat permettent de gérer une opération d’externalisation : les contrats classiques, les contrats néoclassiques et les contrats relationnels.
La théorie de la ressource est particulièrement utile pour répondre ce qui sous-tend l’avantage concurrentiel d’une entreprise. En matière d’externalisation, la prescription principale de la théorie de la ressource est que les ressources et compétences qui sous-tendent l’avantage concurrentiel ne doivent pas être externalisées.

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La décision d’externalisation
Repose sur la prise en compte successive de 3 règles:
 seules les activités qui ne font pas partie du cœur de métier peuvent être externalisées;
Les activités qui ne font pas partie du cœur de métier doivent être externalisées auprès d’un prestataire (si leur niveau de performance est faible) ou sous forme de filiale (si leur niveau de performance est élevé);
Les coûts de transaction doit également être pris en compte dans la décision d’externalisation. En effet, ils peuvent réduire à néant les économies obtenues par une éventuelle externalisation.
Ce raisonnement peut être appliqué à toute entreprise ou à chaque activité. La pratique consistant à externaliser uniquement certaines composantes d’une activité est dénommée externalisation sélective.

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La sélection du prestataire
Le choix du prestataire est crucial pour le succès d’une opération d’externalisation. Trois technique peuvent être utilisées:
 l’appel d’offre;
 l’appel d’offres avec présélection
 la sélection direct
Les critères utilisés doivent être à la fois objectif est plus subjectifs. Étant donné les divergences d’intérêts qui peuvent opposer les entreprises externalisatrices à leurs prestataires, il est également essentiel de déterminer si le prestataire est bien digne de confiance.

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Les différents de contrats d’externalisation
Il existe trois différents contrats d’externalisation
Les contrats classiques, contrats de court terme utilisés pour gérer des prestations simples
Les contrats néoclassiques, contrats détaillés de moyen ou long termes utilisés pour gérer des prestations élaborés
 Les contrats relationnels, contrats de long terme moins détaillés que les contrats néoclassiques et utilisés pour gérer des prestations élaborées.
Les relations reposant sur les contrats relationnels sont parfois qualifiées de partenariat doivent s’appuyer sur des contrats suffisamment détaillés. Même s’il n’y est pas constamment fait références, le contrat reste la meilleure protection pour une entreprise externalisatrice.
Le contenu du contrats d’externalisation
Les principales clauses de contrats d’externalisation sont au nombre de six:
 La duré
 Le prix
 La mesure de la performance
 L’évolutivité de la prestation
 La résolution des conflits
 La sortie de contrat
Bien que leurs modalités varient selon les caractéristiques de l’activité externalisées, toutes ces clauses doivent figurer dans le contrat. Dans le cas contraire, l’échec de l’opération d’externalisation est quasiment inévitable.

 

Le transfert du personnel
Contrairement au transfert d’équipements, le transfert de personnel est délicat à gérer. Il a fréquemment lieu sous l’égide de l’article L. 122-12 du Code du Travail, qui prévoit le transfert automatique des contrats de travail au prestataire. Toutefois, l’applicabilité de cet article au de l’externalisation a été récemment remis en cause par la Cour de Cassation
Ce débat ne doit pas occulter que l’article L. 122-12 ne pose que des exigences minimum. Certaines règles doivent également être respectées pour que le transfert de personnel puisse être qualifié d’éthique

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La maîtrise des activités externalisées
La maîtrise d’une opération d’externalisation passe essentiellement par la conservation en interne d’une direction d’activité, d’une cellule  de pilotage et de compétences suffisantes.
En outre, plusieurs moyens complémentaires peuvent être utilisés:
 La reprise d’actifs spécifiques
 La filialisation;
 La prise de participation au capital

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Pour conclure ... 

En matière de décision, seules les activités suffisamment éloignées du « cœur de métier » de l’entreprise et pour lesquelles la performance des services internes est inférieures à celle des meilleurs prestataires du marché peuvent être externalisées. Il est impératif de ne pas externaliser les activités qui font partie du  « cœur de métier ». En matières de gestion, il est impératif de conserver la maîtrise des activités externalisées. Cette maîtrise passe essentiellement par un contrat détaillé mais également  par le maintient en interne d’une direction d’activité forte, d’une cellule de pilotage et de compétences juridiques et techniques.

Bien que le phénomène de l’externalisation puisse paraître novateur, il est fondé sur une logique simple, la division du travail et la spécialisation.
L’expression « recentrage sur le cœur de métier » n’est finalement rien d’autre que le rappel de ce principe ancien, formulé par Adam Smith à la fin du 18e siècle. Grâce à l’externalisation, les entreprise peuvent investir leurs ressources financières dans les activités qui contribuent le plus fortement à leur avantage concurrentiel. Pour les activités qui ne font pas partie de leur « cœur de métier », l’externalisation permet de bénéficier d’un niveau de prestation supérieur à celui des services internes.

JC 2004

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