Europe
L'UE passe à 27 membres
A compter de minuit, ce 1er janvier 2007, les
frontières de l'UE vont de l'Atlantique à la Baltique au nord et à la mer
Noire au sud-est
Loin de susciter la joie et l'engouement, cet évènement
laisse perplexe nombre des observateurs, notamment les derniers entrants de
l'UE.
Les
inquiétudes portent sur la corruption latente, voire sur la criminalité, et
expliquent en partie ce scepticisme. La Bulgarie et la Roumanie ont en effet
une image de pays où la corruption est forte (la Bulgarie occupe la 57e
place du classement établi par l'ONG Transparency International, la Roumanie
la 84e).
Les deux pays sont aussi des plaques-tournantes des trafics vers l'ouest.
Au-delà, c'est une véritable "fatigue de l'élargissement" qui apparaît très
nettement dans les Quinze "anciens" Etats membres de l'UE, même si les Dix
plus récents adhérents y restent attachés.
Dans le dernier Eurobaromètre publié il y a une dizaine de jours, les
Britanniques et les Allemands rejoignent les Français, qui ne sont qu'un
tiers à être favorables à de nouvelles adhésions. "On a donné l'impression
qu'il suffisait d'être candidat pour adhérer au club", regrette un
ambassadeur européen.
Des fêtes sont prévues dans toute la Roumanie et la Bulgarie.
"Ce soir, nous écrivons l'histoire", titre le quotidien roumain Evenimentul
Zilei en première page, ornée du drapeau étoilée de l'UE.
La Roumanie et la Bulgarie ne bénéficieront cependant pas des mêmes
avantages que les "Dix" de la vague de 2004: elles sont menacées à tout
moment de voir appliquer une "clause de sauvegarde" dans plusieurs secteurs.
La Commission l'a déjà invoquée pour le transport aérien : faute de
respecter les normes de sécurité, les compagnies bulgares seront encore,
après le 1er janvier, considérées comme des entreprises de pays tiers. De
nombreux abattoirs et laiteries roumaines et bulgares ne respectant pas les
normes sanitaires ne pourront exporter leurs produits vers l'UE.
Les deux pays peuvent à tout moment voir se refermer le robinet des
subventions agricoles et régionales si les agences chargées de les
distribuer sont soupçonnées de détournements.
Enfin, les Etats membres ont presque tous décidé de fermer leur marché du
travail aux nouveaux venus pendant au maximum sept ans, par peur d'une
invasion.
IM
Source :
http://www.francematin.info