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Economies d'échelle, économies d'apprentissage et progrès technique
Qu'est-ce qui peut expliquer la réduction du prix d'un produit, en-dehors de la baisse du prix des facteurs de production (travail, capital, ressources naturelles rares) ? Nécessairement une baisse de la quantité des facteurs utilisés pour fabriquer une unité du bien en question, autrement dit une augmentation de la productivité. Cette fiche examine trois sources de cette augmentation de la productivité des facteurs de production. Les économies d’échelle Les économies d'échelle sont les économies réalisées grâce à la taille de l'entreprise. Toutes choses égales par ailleurs, le coût unitaire de production de certains produits sera donc moins élevé dans une entreprise plus grande. Cela explique en grande partie les phénomènes de concentration. On peut distinguer deux types d'économies d'échelle: - Les économies d'échelle internes : économies techniques (des capacités de production plus importantes réduisent mécaniquement les coûts), possibilités nouvelles d'organisation (division du travail, spécialisation), frais de gestion des stocks et coûts de transactions augmentant moins vite que les quantités commandées et produites, amortissement plus aisé des frais de recherche et développement et de lancement des nouveaux produits. - Les économies d'échelle externes : meilleure position de négociation face aux apporteurs de capitaux (conditions financières plus intéressantes), plus grand attrait pour la main-d'oeuvre hautement qualifiée, meilleures conditions d'approvisionnement, plus grande influence sur l'environnement : clients (publicité), mais aussi gouvernements... Mais l'accroissement de la taille ne va pas sans poser des problèmes et causer des coûts supplémentaires (déséconomies d'échelle) : lourdeurs administratives, mauvaise transmission de l'information, problèmes sociaux (démotivation dans les entreprises qui n'ont plus une "taille humaine", augmentation du poids des syndicats et souvent des revendications des salariés...), contraintes administratives, ampleur des risques de production, "responsabilité sociale" de l'entreprise... On considère généralement que, à mesure que la taille augmente, les économies d'échelle sont d'abord supérieures aux déséconomies, avant que le rapport ne s'inverse. Cela signifie qu'il y a une taille optimale pour l'entreprise, taille pour laquelle ses coûts unitaires seront les plus bas. Cette taille est bien sûr différente d'une industrie à l'autre (taille importante dans la sidérurgie, beaucoup moins dans la restauration), voire même d'une entreprise à l'autre... Ce mot, "économies d'échelle", ne va pas sans rappeler celui de "rendements d'échelle". Quel est donc le rapport entre les deux ? Raisonner en termes de rendements d'échelle revient à comparer l'évolution des quantités produites à celle des facteurs utilisés pour les produire. On fait évoluer les facteurs de production dans le même sens et dans la même proportion et on regarde quel sera le résultat sur la production. Par exemple, si on augmente la quantité de travail et de capital utilisées pour produire un bien de 10%, on dira que les rendements d'échelle sont croissants si la production croît de plus de 10%, qu'ils sont constants si elle croît de 10% et décroissants si son augmentation est inférieure à 10%. Par conséquent, en simplifiant un peu, lorsque les rendements d'échelle sont croissants, les coûts unitaires baissent avec la quantité produite ; les économies d'échelle sont donc supérieures aux déséconomies d'échelle. Si les rendements sont constants, les économies d'échelle sont égales aux déséconomies d'échelle. Lorsqu'ils sont décroissants, c'est que la taille de l'entreprise est devenue trop importante : les coûts liés à la taille deviennent supérieurs aux économies liées à celle-ci. La réalité est toutefois un peu plus nuancée : des rendements d’échelle croissants ne seront synonymes d’économies d’échelle qu’à coût constant des facteurs de production : s’il faut payer davantage ses salariés du fait de la taille de la structure, par exemple, cela peut compenser l’effet des rendements d’échelle. Cela fonctionne également dans l’autre sens : l’augmentation de la taille peut permettre des économies sur les prix des matières premières du fait des quantités commandées, même si elle ne permet pas d’utiliser moins de facteurs pour une production donnée. Autrement dit, il peut y avoir des économies d’échelle sans que les rendements d’échelle soient croissants. Les économies d’apprentissage Au fur et à mesure qu'une entreprise produit un bien ou un service, les imperfections dans la production, inévitables au début de la production d'un nouveau produit, sont peu à peu supprimées ou au moins atténuées : le rythme de production s'accroît, le niveau de qualité également (moins de pertes dans les matières premières et composants, moins de retours en SAV), l'organisation s'améliore, etc. Lorsqu'on cumule ces effets avec les économies d'échelle (le rythme de production d'un produit va généralement en s'accroissant jusqu'à ce qu'il ait atteint sa phase de maturité dans son cycle de vie), on obtient la courbe d'expérience, ou d'apprentissage. Celle-ci montre que le coût unitaire d'un produit baisse d'environ 20% (variable selon les industries) à chaque fois que sa production cumulée double.
Le progrès technique Un troisième facteur peut expliquer la baisse du coût de production d'un bien, sans baisse du prix des facteurs : le progrès technique. Il permet lui aussi une augmentation de la productivité globale des facteurs de production et notamment de la productivité du travail. Celui-ci peut concerner les produits (amélioration des caractéristiques du produit) ou le processus de production (utilisation de machines plus performantes). Si le lien entre l’augmentation du rythme de production lié à l’utilisation de machines plus perfectionnées et la productivité paraît évident, celui lié à des modifications apportées au produit lui-même pourrait l’être moins. Pourtant, ces modifications, au-delà des améliorations apportées aux performances du produit, peuvent également permettre des économies sur les matières premières (par exemple par substitution d’une matière moins coûteuse à une autre) ou sur les coûts de main-d’oeuvre (par exemple en facilitant le montage). |
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