Baisse des prix : certains industriels ne jouent pas le jeu

L'accord signé en juin entre la grande distribution et les fabricants sur une baisse moyenne de 2% des prix entre en vigueur mercredi. Certaines remises iront jusqu'à -40% tandis que quelques industriels refusent de baisser leurs tarifs.

TF1 Mis en ligne le 30 août 2004

 

 

La baisse des prix va-t-elle relancer la guerre des prix ? L'accord signé le 17 juin entre distributeurs et producteurs sous l'égide de Nicolas Sarkozy prévoit dès septembre une baisse moyenne de 2% des prix des grandes marques dans l'alimentaire, l'hygiène-beauté et l'entretien. Vu le nombre de produits concernés et le court délai donné aux opérateurs, l'été s'est passé en négociations complexes. D'autant que le principe du "-2% en moyenne" par rapport au prix de juillet pouvait s'interpréter de mille façons : -2% sur chaque article ? -2% après des baisses sur les uns et des hausses sur d'autres? Les grands fabricants, du moins ceux qui appliquent l'accord, ont finalement tous choisi d'appliquer des baisses importantes sur une sélection de produits plutôt qu'une réduction uniforme de 2% qui ne se serait guère vue dans les rayons.

Ces baisses, concentrées sur des produits phares, vont de -5% à -40% et portent sur environ 20% des articles, 80% restant inchangés. Mais, environ un tiers des fabricants a refusé d'appliquer l'accord et de réduire ses prix, a déclaré jeudi Michel-Edouard Leclerc, patron des Centres E.Leclerc, citant Orangina, Lindt, Cadbury ou Kronenbourg. Les autres en ont profité pour repositionner leurs gammes et relancer des marques en perte de vitesse, devenues bien trop chères face aux produits similaires des distributeurs ou du hard discount.

Vigilance

L'accord stipule qu'aucune hausse ne doit compenser les baisses. Ces dernières vont le plus souvent de 6 à 10%, mais on trouve aussi -21% sur un paquet de riz basmati Taureau Ailé, -28% sur un litre de Pastis Berger, -40% sur un sachet de lames de rasoir de Gillette ou -14% sur les 12 yaourts Danone nature. Les associations de consommateurs comme la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) incitent toutefois à la vigilance. "Il faut que chacun, dans ses achats, reste vigilant sur la façon dont ces réductions sont faites, constituant parfois des incitations à consommer plus ou cachant des augmentations sur d'autres secteurs", prévient-elle

Pour les enseignes, les industriels et Nicolas Sarkozy, l'espoir est de soutenir une consommation molle et d'éviter que les consommateurs continuent de s'enfuir vers le hard discount. Toutefois, les prix pour 2005 seront remis en cause lors des négociations annuelles en octobre qui s'annoncent "infiniment pire" qu'avant, selon les industriels. Car l'accord Sarkozy a brutalement mis fin à l'équilibre de "guerre froide" qui régnait entre les deux camps depuis la loi Galland de 1996, avec une spirale de hausse des prix qui convenait à tous.

 

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