La distance écolonomique

 

La distance écolonomique est une notion qui tient compte des coûts du transport à proprement parler, mais aussi des coûts liés à l’impact environnemental , notamment la production de CO², qui peut être taxé dans le cadre des accords de Kyoto, et donc ramené à une notion de coût.  La méthode  que nous avons élaborée pour calculer la distance au delà de laquelle il ne devient plus judicieux de s’approvisionner, le coût global de l’acquisition étant le référentiel, tient compte de ces éléments .

Il convient, avant d’aborder plus précisément  la notion de distance écolonomique, de rappeler ce qu’est le coût global d’acquisition.

Il comprend différents éléments, notamment le prix d’achat de l’article considéré, et, selon l’incoterm négocié, le conditionnement, l’emballage, le transport, les frais de douane et de mise à disposition. Dans le cas d’achats récurrents,  il faudra en plus tenir compte des coûts de possession qui peuvent varier considérablement selon la source d’approvisionnement, en raison des contraintes logistiques et taille mini des lots.

L’idée c’est que, le différentiel de coût de revient du produit acheté est proportionnel à la distance qui sépare l’acheteur du vendeur. En effet, ce différentiel naît pour l’essentiel d’écarts sur les rémunérations, qui peuvent être compensés par la productivité, en partie. Ainsi, et nous l’avons constaté par l’étude, les plus forts différentiels de coûts sont associés aux plus grandes distances. L’inverse est vrai également.

La distance écolonomique est la valeur de l’éloignement, pour un mode de transport compatible avec le délais requis et les contraintes logistiques acceptables, dont le coût est égal à l’économie engendrée par l’achat considéré.

L’équation comporte donc plusieurs variables, et nécessite une approche itérative, que nous nous proposons de vous faire découvrir le mois prochain. Néanmoins, nous soutenons l’idée que si nous sommes tentés d’acheter beaucoup dans les LCC (low cost countries) au détriment du tissus économique local, c’est en partie parce que nous ne payons pas le transport à son juste coût. Si on y imputait l’impact écologique réel, et une valeur représentative de l’énergie utilisée (écouter l’intervention de Jean-Marc Jancovici sur Europe 1), cette distance aurait tendance à se réduire, en favorisant les échanges locaux pour tous les biens pouvant être produits localement…  La solution aux délocalisations commencerait à être trouvée là ?

ec2006

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