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Construire son plan d’action
achats requiert un certain nombre de conditions et de méthode. Bien
souvent nous pêchons dans cet exercice, soit par manque
d’organisation soit par soucis de perfectionnisme.
Pour le premier point, nous allons
essayer de fournir ci-après, une trame de travail qui devrait permettre
à tout un chacun de présenter un projet
qui tienne la route. Un
vrai plan de réduction des coûts, mais aussi d’amélioration de la
performance achats, cohérent, ambitieux, réaliste et compatible avec
vos objectifs.
Quant au second point, il faudra que
vous acceptiez qu’il ne s’agit que d’un plan d’action, et que sa
réalisation suppose de faire face aux imprévus, à un déroulement
imparfait des prévisions et à des dérapages dans les calendriers,
dans un sens comme dans l’autre… Il faudra échafauder des « plans
B », voire des « plans C », tout en misant sur le plan
principal présenté… Toute une psychologie de l’action qui mérite
que l’on en parle. Nous le ferons à l’occasion d’un prochain
article . Nous aborderons ce mois ci les points 1 à 4, et les
suivants dans notre numéro de juin . En septembre, en vue de vous préparer
pour les grandes manœuvres budgétaires de fin d’année, nous vous présenterons
un cas pratique détaillé.
Les différentes étapes que nous
allons décrire sont :
- Préparer
la structuration de la démarche en
- Identifiant
les objectifs majeurs de l’entreprise, traduits en objectifs
pour le service achats
- Analysant
le portefeuille achats, selon plusieurs dimensions (voir également
l’article sur ce sujet)
- Sélectionnant
les segments pertinents aux actions, en termes économiques, stratégiques
ou structurels
- Définir
l’assiette et les gisements
- En
catégories
- En
valeurs
- En
priorités
- Fixer
des objectifs
- En
termes de réduction des coûts
- D’amélioration
des process
- De
sécurisation, de développement durable…
- Mettre
en place les outils de mesure
- En
définissant les référentiels de départ
- En
estimant les probabilités de succès et le calendrier prévisionnel
d’application
- Choisir
des stratégies et des leviers
- Avec
des stratégies d’attaque, alternatives ou d’échappement
- La
détection des leviers principaux et secondaires
- Réaliser
le suivi
- Tableaux
de bord
- reporting
- Etablir
un bilan de fin de plan et construire le prochain
- Reporting
de fin de période
- Actions
de communication interne et externe
- Préparer
la structuration de la démarche
Pour
établir un plan d’action pertinent et efficace, il faut avant tout
avoir une vision claire et synthétique de son portefeuille achats, des
marchés qui y sont liés et des grands axes de la politique de
l’entreprise.
- identifier
les objectifs majeurs de l’entreprise, les traduire en objectifs
pour le service achats
Toute
entreprise a des objectifs apparents et des objectifs masqués. L’un
et l’autre ne présument pas de la réalité et de la pertinence des démarches.
C’est pourquoi il appartient au responsable des achats d’identifier
les objectifs majeurs, répondant aux enjeux essentiels de survie, de développement
et de pérennité de l’entreprise.
Il les traduira ensuite en objectifs pour le département achats.
Ainsi, en lisant la politique achats de la société Daimler Chrysler
pourra-t-on aisément deviner les objectifs de cette dernière (voir
encadré).
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La Politique achats 2004/2005 de DaimlerChrysler France
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· Rechercher et
conserver les fournisseurs qui répondent le mieux aux
besoins de nos clients internes et ce aux conditions économiques
les meilleures.
· Rechercher
l’optimisation constante des processus administratifs
par la réduction des délais et coûts.
· Contribuer à
l’amélioration des performances financières et à
l’atteinte des objectifs d’entreprise.
Dans le cadre de la démarche ISO :
· Consolider les évaluations
fournisseurs afin de mesurer leur performance.
·
Rechercher l’amélioration continue et la
poursuite des relations commerciales avec les fournisseurs
les plus performants.
Nous attachons également une grande importance à
l’aptitude de nos fournisseurs à nous accompagner dans
le développement de nos activités.
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- Analyser
le portefeuille achats, selon plusieurs dimensions
Cette étape
est essentielle, et nous vous renvoyons à notre numéro
6 de Com’inotti qui avait largement développé le sujet.
- Sélectionner
les segments pertinents aux actions
Une fois le
porte-feuille achats bien analyse, nous serons bien plus à même de
sélectionner les segments, familles ou marchés qui pèseront le
plus dans les résultats finaux. Cette sélection prendra en compte,
selon les cas, une vision purement économique (réduction des coûts
globaux, des conditions d’achats ou des prix tarifs), stratégique
(avec les décisions de faire ou faire faire, de redistribution des
marchés, ou de changement de sources) ou structurelle (procédure
achat, délocalisations…).
- Définir
l’assiette et les gisements
L’assiette représente le
poids du segment retenu, tandis que le gisement est le potentiel de réduction
des coûts ou d’amélioration des process qu’il représente. On peut
les définir selon différents critères.
- Catégories
Il
s’agira ici de préciser la typologie des achats concernés par
l’action. Il peut s’agir d’une famille complète, d’un
fournisseur ou parfois même d’un seul article…
- Valeurs
On indiquera ici la
valeur qu’elle représente, qui ne s’exprimera pas seulement en
montant d’achats, mais en importance stratégique et en coûts du
changement. Le cas échéant, on précisera les ressources éventuelles
nécessaires, estimées, pour la réalisation de l’action.
- Priorités
En
fonction des priorités de l’entreprise et de l’impact potentiel sur
les résultats , le plan hiérarchisera les segments d’achats concernés
par les actions.
- Fixer
des objectifs
Nous avons déjà abordé le
thème de la fixation des objectifs, nous ne reviendrons pas dans les détails.
Dans notre cas, il s’agira d’évaluer les résultats réalistes mais
ambitieux que l’on pourra indiquer pour chacun des gisements identifiés.
- En
termes de réduction des coûts
C’est l’aspect le
plus couramment adopté, celui de la réalisation de baisses sur les
coûts, souvent résumés à une baisse tarifaire. On indiquera ici
le taux de baisse escompté ou visé – 3%, 5%, x% - et la valeur
attendue – exprimée en euros.
- D’amélioration
des process
On parlera ici de
gestion des flux, ou de process de fabrication. Les premières
actions visant à réduire les stocks et les temps de mise sur le
marché, les secondes à optimiser les rebuts et à améliorer également
le time to market.
- De
sécurisation, de développement durable…
La sécurisation vise
la pérennité des source et des contraintes internes, tandis que
les aspects de développement durable font se tourner l’entreprise
vers l’extérieur. Sur un plan éthique et social d’une part,
sur un plan commercial et marketing d’autre part.
- Mettre
en place les outils de mesure
Dans
le N° 1 de Com’inotti nous avions développé cet aspect , nous
vous y renvoyons pour plus de détails.
- En
définissant les référentiels de départ
Le référentiel de départ,
souvent identifié au « coût standard », se veut être
la valorisation de la situation initiale. Elle ne doit pas être
sujette à caution.
- En
estimant les probabilités de succès et le calendrier prévisionnel
d’application
Ce
volet est primordial dans l’élaboration du plan d’action, car
il va non seulement déterminer le taux final probable de réduction
des coûts, mais également donner les priorités dans l’élaboration
de stratégies alternatives ou d’échappement. Le cas pratique présenté
en septembre sera, je l’espère, suffisamment explicite sur ce
point.
- Choisir
des stratégies et des leviers
Le choix des stratégies
développées est induit par la connaissance des marchés, en amont
comme en aval, du portefeuille achats, du positionnement de son
entreprise (en image, notoriété et attractivité vis à vis des
fournisseurs) et des objectifs définis en fonction de la stratégie
globale.
- Avec
des stratégies d’attaque, alternatives ou d’échappement
Il peut y avoir différents types de stratégies
mises en place. Leur opportunité dépend du segment d’achats et
de son positionnement dans les matrices décisionnelles (voir
notre numéro consacré au marketing achats). Dans tous les cas,
on prévoira des solutions de remplacement ou de repli, car dans la
vraie vie, les évènements ne se déroulent pas toujours comme on
le planifie !
- La
détection des leviers principaux et secondaires
A chaque situation, il conviendra de choisir le
levier adéquat. Par levier, on entend un argument ou une technique
qui permet de démultiplier son poids dans le but de faire bouger
l’argument de la partie adverse. Si en général il s’agit du
prix d’achat, que l’on analysera bien entendu dans la notion de
coût global, il peut également s’agir d’autres clauses, comme
le service, l’exclusivité, etc. (voir
notre article consacré à cette notion)
- Réaliser
le suivi
- Tableaux
de bord
La collecte et l’exploitation d’indicateurs
n’est pas l’exclusivité des achats, mais il est certain que la
complexité du domaine rend la tâche un peu plus délicate. Ils
sont de trois niveau :
- Les mesures prélevées (informations brutes)
- Les mesures consolidées (type bases de données
OLAP)
- Les ratios (indicateurs issus de calculs)
- Reporting
Il est essentiel de faire circuler
l’information, tant sur un plan horizontal (entre les différents
acheteurs d’un service, ou entre les différents sites) que sur un
plan vertical (vers la direction et vers les opérateurs). Il
s’agira bien entendu d’adapter le contenu des communications au
destinataires et à leurs « droits » en matière d’accès
à l’information.
Le reporting s’adresse à
l’acheteur lui même, pour un suivi de son action en continu, (voir
le balanced score card et Soft-Achats
Performance)
- Etablir
un bilan de fin de plan et construire le
prochain
- Reporting
de fin de période
Cette phase est essentielle à deux titres.
D’une part le bilan final permet de faire le point des actions
planifiées, d’évaluer leur résultat et de valider les actions
alternatives ou d’échappement réalisées. Ce bilan sert généralement
à l’évaluation individuelle des objectifs, et souvent à la détermination
de la performance individuelle et à la rémunération (prime à
l’intéressement) de l’acheteur. D’autre part, le bilan sert
de nouvelle base de travail, en partie, pour l’établissement du
nouveau plan d’action achats.
- Actions
de communication interne et externe
Ce bilan de fin de période servira de support à
la communication. En interne tout d’abord, vers la Direction Générale
pour justifier les actions établies et valoriser la contribution
effective du service achats dans les résultats de l’entreprise,
vers les clients internes pour leur apporter un feed back sur le
taux de service… En externe ensuite, pour encourager les
fournisseurs qui ont participé au succès du plan, pour fustiger
ceux qui n’ont pas coopéré, et de manière générale, vendre
les achats et promouvoir l’image de la société.
Voilà,
vous avez maintenant une méthodologie pour établir un plan d’action
achats. Mais bien entendu, elle ne résoudra pas tout, et il vous faudra
l’assimiler. C’est dans ce but que nous vous présenterons un
exemple chiffré et documenté dans notre parution de la rentrée, le 25
août prochain. Il est basé sur une étude de cas développée par
inotti.com .
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