Codes éthiques décodés, et toc !

 

Les entreprises mettent en place, de plus en plus, des règlements définissant les comportements à adopter face à des situations "à risque" mettant en cause leurs employés.

Plus ou moins détaillés et contraignants, ces règlements prennent la forme de manuels, ou codes (de bonne conduite ou éthiques). Ces codes doivent apporter des réponses claires et aussi précises que possible aux problèmes suivants : 

  • la négociation des contrats et notamment les contacts avec les partenaires contractuels, avant, pendant et après la conclusion desdits contrats ; 

  • les notes de frais ; 

  • les repas d'affaires, les voyages d'études ou d'agrément professionnel ; 

  • les cadeaux d'entreprise ; 

  • les prêts d'argent, les avances, les garanties ou cautions ; 

  • les prestations de service ou travaux à titre gratuit et les prestations plus ou moins fictives ; 

  • la mise à disposition de personnel ou de moyens matériels ; 

  • l'activité professionnelle du conjoint, voire des ascendants ou descendants. 

Souvent vécus comme des contraintes imposées par l'entreprise, ils sont la plupart du temps subis et donc rejetés.  Nous allons aborder successivement les points suivants : le code éthique, nouveau vecteur de la culture d’entreprise, le code éthique, facteur de liberté des employés, la nécessité des valeurs éthiques commune.

 

 

Le code éthique, nouveau vecteur de la culture d’entreprise

 

Il est désormais loin le temps où les salariés effectuaient l’ensemble de leur parcours professionnel dans la même entreprise. Parfois même pendant plusieurs générations. Pendant cette période, ils s’imprégnaient de la culture de l’entreprise qu’ils avaient eux même contribué à façonner. En parfaite harmonie avec elle, ils prenaient à coup sûr les décisions de manière conforme et cohérente, avec leur part de personnalité propre, mais en parfaite connaissance des usages.

Aujourd’hui, la relative jeunesse des sociétés, le turn-over de leur personnel et les origines diverses (cultures et expériences professionnelles) conduisent à des comportements très disparates face à une même situation. L’existence d’un code éthique a pour avantage de fixer pour l’ensemble du personnel, établi sur plusieurs continents parfois, la nature des valeurs de l’entreprise, transcrites en attitudes à avoir face à des situations « critiques », en choses à faire et à ne pas faire.

Le code éthique, supplantant de manière beaucoup plus forte le règlement intérieur, fait partie des documents d’accueil des nouveaux salariés, et leur permet, à défaut de les adopter, de connaître en très peu de temps les valeurs fondamentales de l’entreprise, et les comportements essentiels à avoir.

 

Le code éthique, facteur de liberté des employés

 

Si, dans un premier temps, le code éthique peut être assimilé comme une contrainte, un moyen de limiter les faits et gestes des salariés, en y regardant de plus près, il est un réel vecteur de liberté au sein de l’entreprise. En effet, en l’absence de ligne directrice comportementale, les responsables de service vont avoir tendance à surveiller de très près les agissements de leurs collaborateurs afin de s’assurer qu’ils vont prendre les bonnes décisions. Pis encore, ne sachant pas comment ils vont réagir, ils seraient même tentés de ne pas déléguer leurs responsabilités.

Tandis que lorsqu’il y a un code éthique de défini et que l’on s’est assuré de sa bonne compréhension, la délégation peut se faire sereinement, le responsable hiérarchique ayant la quasi certitude que son subordonné prendra la « bonne » décision, puisqu’elle sera conforme aux règles instituées par l’entreprise.

Qui plus est, ces comportements seront homogènes quels que soient les intervenant dans l’entreprise, dans le service, dans les autres services, sur l’ensemble des continents. (situation idéale bien entendu)

 

De la nécessité des valeurs commune

 

Dans cette situation, il y a pourtant un risque de conflit. Les valeurs de l’entreprise, couchées noir sur blanc doivent être compatibles avec celles du salarié. De manière plus large, elles doivent être cohérentes avec les vrais agissements de l’ensemble du personnel, et plus particulièrement des responsables et des dirigeants.

On retrouve donc ici ce que l’on nommait dans les années 80 l’esprit ou la philosophie d’entreprise. Si l’employé ne la partage pas, il va vite décrocher et rechercher une autre entreprise d’accueil . Si le code éthique affiché n’est pas le reflet de l’éthique pratiquée, l’incohérence sera très préjudiciable et conduira probablement à des comportements sur le terrain très dangereux pour l’entreprise et son image.

 

 

En conclusion, et après avoir ainsi décodé les codes éthiques, leur rôle est bien plus vaste que celui de réglementer les faits et gestes de tout un chacun, et loin de vouloir limiter la liberté de chacun et son libre arbitre, ils sont au contraire sources de cohérence et guides décisionnels.

 

ec2005

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