Leviers de la Négo

Le bluff et l'encerclement

 

Le bluff et l’encerclement sons tous deux des tactiques qui permettent à l’acheteur de négocier et faire levier sur les clauses adverses de la négociation.  Mais si ces tactiques peuvent se ressembler dans leur présentation (il vaudrait en tout cas mieux …) elles n’ont toutefois pas les mêmes avantages et risques.

Nous définirons tout d’abord l’une et l’autre, puis nous décrirons comment les mettre en œuvre.

 

Le bluff est le maître mot de tous les habitués du jeu de cartes. Vous jouez au poker, vous venez de miser votre voiture et votre maison contre un as du poker alors que vous n'avez qu'une paire de deux. Il ne vous reste plus qu'à bluffer. C'est-à-dire que vous devez faire croire à votre adversaire que vous possédez un très bon jeu alors que ce n'est pas le cas. Pour lui faire croire, tous les coups sont permis : les petits clins d'œil amusés, les faux sourires ... à condition d’être crédible !

L’avantage du bluff est qu’il ne nécessite aucune préparation, (ou alors on tombe dans la manipulation de Machiavel), et donc peut s’improviser avec opportunisme. Le risque, qui n’est pas des moindres, est de tout perdre à ce jeu de quitte ou double, l’affaire, l’argent et la crédibilité.

 

L’encerclement est patiemment orchestré. Il peut être commencé très longtemps avant la négociation proprement dite, et ne laisse quasiment pas de porte de sortie à l’adversaire. Si l’autre se défend bien, il se transforme en siège. Attention alors à ne pas tomber dans la tactique de l’usure ou de la montre que pourrait mettre en œuvre notre interlocuteur. Surtout s’il dénote chez nous une certaine fébrilité. Retour à la case bluff dans ce cas…

L’avantage de l’encerclement est qu’il est quasi imparable quand bien fait. L’inconvénient, est qu’il faut anticiper sur les actions relativement longtemps avant la négociation. Il n’est pas toujours facile de le faire. On assistera donc souvent à des encerclement imparfaits, ou à des encerclements « préventifs ».

 

Comment les mettre en œuvre .

 

Le bluff tout d’abord. Il peut porter sur tout et n’importe quoi : le prix bien sûr, mais aussi, le délai, la qualité souhaitée, les quantités… Il doit être crédible, tout en étant suffisamment ambitieux (il ne sert à rien de bluffer pour obtenir ce que le fournisseur aurait lâché de toute manière). Il peut être employé pour obtenir une concession sur une clause négociée, ou une information stratégique (précher le faux pour apprendre le vrai).

Mais surtout, il ne faut pas bluffer tout le temps. Plus un bluffer bluffe, plus il aura de chances de se faire repérer, et prendre à son propre jeu.

Il faut donc bluffer modérément, mais là, être imprévisible. Et surtout, ne jamais avouer le bluff, sous peine de perdre définitivement sa crédibilité. Si l’on n’obtient pas ce que l’on escompte par le bluff, il faut être prêt à aller jusqu’au bout de la logique, pour ne pas « perdre la face ».

 

 

extraits d'une interview de Patrick Bruel :

 
Vous avez commencé à jouer au poker très jeune?
  • Oui, j'ai appris à jouer au poker en même temps qu'aux échecs, environ à l'age de 8 ans avec mes oncles.


    Depuis quand participez vous aux WSOP à Las Vegas et que cela représente-t-il pour vous?
  • Depuis 3 ans. Participer aux WSOP, cela représente pour moi de s'illustrer devant les meilleurs joueurs du monde et c'est un challenge passionnant.

Votre manière de jouer est-elle la même en partie libre et en tournoi?
  • La différence fondamentale entre les parties libres et les tournois, c'est la gestion du temps, des masses et des cycles de chances.


    Lors de la finale du Texas Hold'Em No Limit 5000$$ , vous avez fait un "money arrangement", après cela est-on toujours aussi motivé?
  • Je pense que le fait de dealer a été un avantage pour moi car je ne joue pas au poker pour l'argent mais pour le titre. J'ai donc probablement pu profiter d'une légère baisse de régime des autres joueurs ( tous des professionnels ) car financièrement les choses étaient faites.
  • Quelle a été la main gagnante?

  • Celle que je n'ai pas joué (rires). J'avais As-Valet de pique (ce qui au Texas Hold'Em est plutôt une bonne main) mais j'ai senti comme une anomalie dans le comportement de l'adversaire en face de moi, j'ai passé sentant qu'il allait relancer, il l'a fait. Il avait As-Roi, un As est venu au flop et j'aurais perdu mon tapis.
  • Est-il important d'être en bonne condition physique pour jouer ces tournois longs et éprouvants, cela améliore-t-il votre façon de jouer?

  • Oui en effet, j'accorde pas mal d'importance à la préparation physique. A Las Vegas, je me lève tous les matins vers neuf heures, je vais à la salle de sport courrir un peu, je passe une demi heure à la piscine puis je vais prendre mon petit déjeuner pour arriver dans la salle de tournois à midi. J'essaie alors d'être à la fois détendu et concentré pour tenir le plus longtemps possible.
  • Avez vous des rites, superstitions ou autres grigris liés au poker?

  • Je n'ai pas de superstition particulière... Peut être une manière de ranger mes jetons par couleur et par pile dégressive.
  • Quel a été votre premier héros de poker?

  • Très sincèrement David Tavernier pour avoir été assis à coté de lui pendant très longtemps dans les parties libres entre copains. J'ai toujours été impressionné par sa manière de jouer. C'est un grand attaquant.
  • A propos de votre manière de jouer, quel serait le plus beau compliment que l'on puisse vous faire?

  • Quelqu'un qui me dit "je n'ai rien compris" après un beau coup.
  • Qous êtes ce que l'on appelle un joueur de poker dans l'âme. Cela n'entre-il pas en pas en contradiction avec vos idéaux personnels?

  • Non, les jeux comme le black jack et la roulette qui se réfèrent strictement aux phénomènes de hasard m'ennuient terriblement. En revanche je suis effectivement joueur de poker dans l'âme parce que c'est un jeu qui mêle la chance mais aussi et surtout l'habileté, le courage, la maîtrise de soi et l'étude des comportements.
  •  
  • Lire l'article paru dans les Echos le WE du 3 mars 2006

  •  

    L’encerclement se prépare comme un déplacement de pièce sur un jeu d’échec. Il faut anticiper plusieurs dizaines de coups sur son adversaire, et avoir envisagé à chaque fois les parades appropriées. Il faut travailler la plupart du temps en « sous-marin », c’est à dire sans s’annoncer et sans se faire remarquer. Il s’agit d’une tactique des plus redoutables car, une fois place, l’autre n’a plus de marge de manœuvre et est souvent acculé à la concession de ce que vous voulez.

    Patience et pugnacité sont des qualités indispensables à cette tactique.

     

     

    Emilio Cominotti - 2006

    retour à la lettre

     

     

       Commenter cet article

    Rappel du titre de l'article :

    Votre commentaire :

    effectuer une recherche par mots clés >>

     

     

    inotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.cominotti.com

       

     

    Design, développement et rédaction d'inotti.com. Révision : 02 June 2007 .
    Copyright © 2003-2006 Emilio Cominotti. Tous droits réservés.

    confidentialité et éthique | conditions générales | modalités d'accès | mentions légales | nous recommander