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EXPATRIATION
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Responsable
des achats mécaniques dans l'entreprise Ela Medical, spécialisée
dans les stimulateurs cardiaques, Cesare Mainardi nous
raconte le parcours qui l'a mené de Bologne en
Ile-de-France.(interview publiée sur www.directemploi.com
)
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DirectEMploi :
Quel fut votre parcours avant de venir vous installer en France ?
Cesare
Mainardi : J'ai obtenu mon diplôme
d'ingénieur en Génie des Procédés à la faculté d'ingénierie
de Bologne, qui est la plus ancienne faculté du monde et se
classe parmi les meilleures en Italie.
Chez
nous, le système d'école n'existe pas. Tout passe par les facultés.
Il n'y a pas de concours d'entrée ; la sélection se fait
par des examens très difficiles dans lesquels aucune matière
n'est négligée.
Il
y a cependant une autre forme de sélection, qu'on pourrait
appeler « naturelle » en quelque sorte : en
effet, il faut vraiment faire preuve d'énergie et d'endurance
pour suivre les cours en Italie ! A Bologne, nous étions 13
000 inscrits ; il fallait se lever à 5h pour être sûr de
pouvoir assister aux cours de 9h qui avaient lieu dans les cinémas
faute de place. Dans ces conditions, beaucoup se découragent…
DirectEMploi :
Pourquoi avoir choisi de venir vous installer en France ?
Cesare
Mainardi : Ce choix s'est fait
un peu par hasard… Ma femme est française et je l'ai rencontrée
en Italie. Elle est ingénieur tout comme moi, et il était plus
simple pour nous de chercher du travail en France. Mais il y a
assez peu d'Italiens qui choisissent de venir travailler en France
car nous sommes finalement peu nombreux à parler le français.
Lorsque nous souhaitons nous expatrier, nous nous tournons plutôt
vers les pays anglophones.
DirectEMploi :
Vous travaillez désormais chez Ela Medical : quelles sont
vos principales activités ?
Cesare
Mainardi : En tant que
responsable des achats mécaniques, je dois satisfaire les besoins
en composants mécaniques pour la fabrication de nos stimulateurs
et défibrillateurs. Cela implique la prospections des marchés,
le lancement d'appel d'offre, la négociation des tarifs et des
autres conditions d'achat, le choix et l'évaluations des
fournisseurs. Je travaille dans nombreux domaines d'achats, assez
différents les uns et les autres, et je suis en relation avec
plus de 300 fournisseurs.
Un
acheteur est véritablement l'interface entre les fournisseurs et
les principaux secteurs de la société : la recherche, la
production, la qualité et le marketing. Il faut savoir s'adapter
aux exigences de chacun et transmettre les informations entre la
société et les fournisseurs. Ceux-ci proposent des innovations
qui ne sont pas toujours écoutées. Il faut savoir démontrer que
leur démarches ne sont pas purement commerciales, et que leurs
propositions sont souvent judicieuses. Je deviens en quelque sorte
leur porte-parole. L'important est vraiment de savoir écouter
chacun sans aucun parti pris.
DirectEMploi :
Comment êtes vous venu à ce métier auquel votre formation ne
vous destinait pas vraiment ?
Cesare
Mainardi : Je maîtrisais trois
langues, les outils informatiques et je possédais une solide
formation technique. Cela reflète quand même une certaine
polyvalence ! Par la suite, le cabinet de conseil Masaï m'a
formé à la négociation et aux méthodes et stratégies d'achat.
Il
y a un âge où les transitions sont plus faciles, où l'on peut
aisément passer d'une spécialité à une autre ou les cumuler.
DirectEMploi :
La profession d'acheteur requiert de multiples compétences :
techniques, linguistiques, commerciales… Quelles sont les qualités
indispensables pour l'exercer ?
Cesare
Mainardi : La rigueur et
l'aisance relationnelles sont indispensables mais l'essentiel est
sans doute de savoir écouter. C'est la meilleure façon
d'apprendre et de faire ses choix. Les techniques d'achat sont
applicables à tous les domaines : soit on possède un bagage
technique que l'on va compléter par une formation à l'achat,
soit on possède au départ cette formation générale et l'on va
ensuite se spécialiser dans un type de marché.
DirectEMploi :
Laquelle de ces deux formations vous paraît la plus efficace ?
Cesare
Mainardi : Ma formation
scientifique me permet de mieux comprendre le discours des ingénieurs
et de mieux répondre à leurs besoins, même si ce que j'achète
aujourd'hui n'a que peu de choses à voir avec ma spécialisation
en chimie et en thermodynamique. Néanmoins mes connaissances en
physique et en chimie sont des bases suffisamment solides pour
communiquer efficacement.
DirectEMploi :
Un acheteur doit en permanence actualiser sa connaissance des
produits et des marchés : comment vous y prenez-vous ?
Cesare
Mainardi : Pour cela, l'écoute
des fournisseurs est très formatrice. Chacun propose une solution
ou des innovations. Ce dialogue me paraît plus efficace encore
que la lecture des magasines spécialisés. C'est une façon plus
directe et plus rapide de s'informer. En faisant la synthèse des
arguments de chacun, on parvient à un point de vue objectif qui
permet de faire les bons choix.
DirectEMploi :
Effectuez-vous de nombreux déplacements à l'étranger ?
Cesare
Mainardi : Je vais
ponctuellement aux Etats-Unis, principalement à Minneapolis qui
est un peu la Silicon Valley des stimulateurs cardiaques, car
c'est là que se trouvent nos principaux concurrents. De nombreux
fournisseurs se sont donc installés à proximité. Mais nous
avons également des partenaires dans toute l'Europe chez lesquels
je me rends régulièrement.
DirectEMploi :
Quels sont les aspects les plus plaisants de cette profession ?
Cesare
Mainardi : J'étais attiré par
une carrière commerciale et technique. Ce métier permet la synthèse
de ces deux vocations. J'aime énormément le contact avec des
interlocuteurs très variés. C'est un métier où la routine
n'existe pas. J'apprécie aussi le fait de parler différentes
langues et de les pratiquer. La difficulté est bien sûr qu'il
faut être très rigoureux : chaque choix est réfléchi et
très stratégique.