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Bon d’accord,
la guerre économique est bien réelle, les grandes zones économiques
(Chine, USA, UE…) se livrent une bataille âpre et sans pitié, et
certaines grandes entreprises multinationales en font les frais, et y
participent parfois. Mais les acheteurs, en quoi cela les concerne-t-il ?
Ils ne sont pas tous employés par ces grandes firmes transnationales, et
même si, que pourraient-ils y changer ?
Eh bien je
dirais que si, cela les concerne, à plusieurs titres même :
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Dans leur métier d’acheteur d’abord
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Dans leur mission de veille
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Dans celle de protection
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Et de communication externe
L’information
comme produit acheté
L'achat
d'information professionnelle se situe d'emblée dans un environnement spécifique.
En effet, l'information en elle-même est déjà une notion complexe
puisqu'elle s'évalue de manière subjective par chaque utilisateur en
fonction de critères souvent non quantifiables comme la pertinence, la
fraîcheur, la fiabilité, l'accessibilité ou la convivialité. De plus,
l'industrie de l'information évolue dans un contexte diversifié du fait
de la multiplicité de ses clients (des multinationales aux très petites
entreprises, en passant par les collectivités territoriales et les
administrations), des domaines qu'elle couvre (financier, commercial,
scientifique et technique, juridique…), des formats qu'elle propose
(papier, cédérom, Internet …) et des accès aux contenus qu'elle
permet (producteurs/éditeurs, éditeurs secondaires, médiateurs
commerciaux / agrégateurs…). Enfin, cette complexité se double d'une
accélération des mutations sous l'effet conjugué de trois éléments :
la numérisation croissante des contenus, la maîtrise croissante des coûts
dans les organisations et le développement de contenus gratuits sur le
web.
L’acheteur va
avoir le même rôle à jouer que dans les autres achats spécialisés que
sont les systèmes d’information, la formation, le travail temporaire…
Il viendra, selon les organisations en place, tantôt en soutien, tantôt
en acteur principal. A chaque fois il devra faire preuve d’une
connaissance de son marché.
La mission
de veille
Dans les différentes
missions que comporte la fonction achats, il y en a une qui consiste à
collecter l’information du marché, pour un usage direct ou indirect
dans le service ou l’entreprise. Dans l’optique d’intelligence économique,
on qualifiera cette mission de « renseignement ». L’acheteur
devra rendre cette collecte méthodique et systémique, en la recherchant
de manière plus active, aux frontières de l’information
grise, sans
aller dans la frange noire de l’information.
Il devra également
s’assurer de la validité de l’information recueillie en mettant en
oeuvre les différentes techniques de croisements et recoupements.
La protection
de l’information
Parce que
l’acheteur dispose d’informations sensibles pour l’entreprise,
notamment les prix d’achats, les coûts et les process, il doit souvent
signer avec son contrat de travail une clause de confidentialité. La
signature de cette clause ne peut garantir à elle seule que le salarié
l’appliquera, et que de l’information sensible ne sera pas divulguée,
par négligence ou par malveillance. Si pour éviter le second cas de
figure, il faudra mettre e place une série de mesures qui ne sont plus du
ressort de l’acheteur, pour éviter le premier, il suffit d’une
campagne de sensibilisation et le respect d’un certain nombre de règles
de prudence. Ecoutez donc vos voisins de devant ou de derrière lors de
votre prochain vol… c’est très instructif sur ce qu’il ne faut pas
faire !
La communication
externe
L’acheteur,
enfin, est un interface (privilégié en principe) avec le marché amont
de l’entreprise. Ce qu’il dit, à qui et comment il le dit, et quand
il le dit est très important dans l’impact du message. L’information,
une fois émise hors de l’entreprise échappe à son contrôle, mais,
comme la flèche après son lâcher, tend à aller dans la direction
initiale qu’on lui a impulsé. L’acheteur doit contrôler ce qu’il
dit, être cohérent avec lui même, ses collègues et l’entreprise. Le
risque est de se décrédibiliser, et par contre-coup toute
l’entreprise. Avez vous remarqué comment une rumeur colportée par les
commerciaux des fournisseurs vous revient aux oreilles par des clients ?
Par exemple « votre entreprise a des difficultés financières »
alors que vous n’avez fait que passer vos règlements standards de 60 à
90 jours… Imaginez ce que cela pourrait se faire en maîtrisant cela…
L’acheteur
est donc plus que concerné par la guerre et l’intelligence économique
quelle que soit la taille de son entreprise et son secteur d’activité.
Quant à trouver ses limites, tout dépends de lui et de sa capacité à résister
au côté obscur de la force…
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