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Achat international... pléonasme ! L'acheteur moderne ne peut plus faire abstraction de l'aspect global des échanges commerciaux. Même si, au final, son choix, selon les critères propres de son entreprise , se portera sur des fournisseurs de proximité, son appréciation aura été faite au vu d'une offre internationale. Quelles que soient les convictions profondes de l'acheteur, ce serait faire une faute grave que de négliger des sources potentiellement intéressantes pour l'entreprise. Dans notre monde de concurrence aigu, la sanction pourrait se traduire rapidement par une perte de compétitivité, ou de résultat. A terme, c'est la faillite. Ensuite seulement, selon les critères de sélection et les contraintes spécifiques à son activité ou à sa politique, l'entreprise retiendra les sources qui lui paraissent, globalement, les meilleures. Dans la mesure où cette vision de l'achat ne peut avoir que la dimension internationale, voire tout simplement mondiale (étymologiquement globale comme disent nos amis anglo-saxons), nous pouvons affirmer que la formule "Achat international" est un pléonasme. Vertige de la libéralisation des échanges Phénomène de mode, stratégie du mouton, ou nécessité de survie, l'engouement pour les achats "exotiques" s'il ne vous a pas encore atteint, ne tardera pas à le faire. Par vagues successives, et sectorielles, l'importation de produits de plus en plus élaborés se fait systématique... avant de revenir à des proportions plus réalistes. Cette tendance touche tous les secteurs industriels après avoir sévit dans les produits de consommation. On trouvera dans ces listes de produits importés des composants simples, comme la visserie, les charnières (ameublement par exemple) de grandes séries, mais aussi des pièces uniques, comme des moules d'injection plastique. L'économie sur le produit brut peut être de l'ordre de 60%, auxquels il faudra tout de même rajouter les frais de transport et de dédouanement. Mais attention aux coûts de mise au point des outils qui peuvent "exploser", comme le délai ! Fournisseurs "locaux" versus fournisseurs "low costs" A ce jeu, les fournisseurs locaux, ne bénéficiant pas de coûts réduits de main d'œuvre, ou de temps de travail extensible à l'envie, ne partent pas gagnants. Ils n'ont guère de chances face à ces fournisseurs, si l'on se base sur le seul prix en tout cas. Les choses sont toutes autres si l'on prend en considération cette fois le coût global, voire complet. Les écarts deviennent bien moins significatifs, et très souvent négatifs (en faveur du fournisseur local/européen). Contraintes logistiques, temps de disposition, réactivité aux changements de rythme, risque de fuite de savoir-faire... viennent encore relativiser l'avantage concurrentiel de façade des sources lointaines. Même si, dans de fortes proportions, les achats dans des pays Tiers sont économiquement ou stratégiquement justifiés, les fournisseurs locaux (et quand nous parlons de local, aujourd'hui il s'agit ni plus ni moins de l'Europe) conservent toutes leurs chances. Néanmoins, un positionnement stratégique de leur offre doit être judicieusement fait. Limites de la mondialisation Les vraies limites de la mondialisation des achats sont, en finalité, de nature économique. En effet, les flux physiques des marchandises, donnent lieu à la facturation de frais de transport (et de paiement de droits et taxes diverses) qui, s'ils sont valorisés à leur juste prix pour la collectivité (abandon des pavillons de complaisance, réglementation plus stricte du temps de travail des conducteurs routiers...) vont tout naturellement rééquilibrer les compétitivités. Les réglementations liées à la protection de l'environnement, le progrès social et l'évolution du niveau de vie en feront de même. Il est intéressant de noter que ces rééquilibrages peuvent se faire aussi dans l'autre sens : comme la Chine qui vient implanter une usine en France. Ce site va retraiter les déchets de films plastiques que nous produisons en quantité (notamment les films agricoles) et exporter les granulats vers son pays qui aujourd'hui importe ces mêmes déchets. Ceci afin d'anticiper de futures interdictions de transporter ce type de produits. Les avantages sont multiples : création de valeur en Europe, retraitement et valorisation des matières destinées à la décharge, optimisation du transport... Une conséquence directe : la maîtrise d'une langue étrangère Dans le cas de l'entreprise chinois implantée à Cahors c'est absolument évident : le responsable du site, chinois, parle parfaitement le français. Il en sera de même de tous les acheteurs (non, pas de parler français !) : ils devront tous, sinon maîtriser, communiquer dans une langue autre que leur langue maternelle. Si l'anglais reste toujours une valeur sûre, l'allemand est très apprécié (près de 70% des échanges commerciaux de la France se font avec notre voisin). L'espagnol et le portugais sont fort utiles dans les échanges avec l'Amérique du sud et certains pays d'Afrique. Le trio gagnant est probablement : anglais, langue latine (oubliez l'italien) et langue peu courante (arabe, slave, chinois...). Évolution du métier et de son enseignement Le métier requiers donc de plus en plus de compétences dans les techniques du commerce international, dans la capacité à communiquer et à négocier dans une langue étrangère et dans l'appréciation des différences culturelles. Les formations évoluent par conséquent dans le même sens :
En conclusion Loin de privilégier des prédicats monolithiques du "tout importer d'Asie" ou du "se méfier de tout ce qui n'est pas français", il convient d'étudier sérieusement et méthodiquement chaque dossier. On s'attachera à prendre en compte les contraintes objectives et les données pragmatiques en s'efforçant de faire abstraction des à priori subjectifs que, forcément, on aura ou l'on nous imposera. Passionnante mais exigeante démarche !
ec 2004 Voir aussi :
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