L'UE serait plus exposée à la crise pétrolière que les USA
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mardi 06 septembre 2005 (Reuters - 17:30)
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PARIS - L'Europe risque de souffrir plus que les Etats-Unis de la flambée des prix du pétrole, même si les conséquences de l'ouragan Katrina vont peser à court terme sur l'économie américaine, estime le chef économiste de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis.

Dans une note publiée mardi, l'Organisation de coopération et de développement économiques révise à la hausse ses prévisions de croissance en 2005 pour la zone euro, la France, l'Italie, le Japon mais à la baisse pour l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Dans la zone euro, cette croissance serait de 1,3% (au lieu de 1,2% dans les prévisions publiées par l'OCDE en mai).

Elle serait de 1,6% en France (au lieu de 1,4%), avec un redémarrage aux troisième et quatrième trimestres (+0,5% chacun), après un premier trimestre à +0,4% et une quasi-stagnation au deuxième (+0,1%).

L'Italie sortirait tout juste de la récession (+0,2% sur 2005 au lieu de -0,6% dans la précédente prévision).

En revanche, la croissance serait de 1,0% au lieu de +1,2% en Allemagne et de +1,9% au lieu de 2,4% en Grande-Bretagne.

Hors zone euro, l'OCDE maintient sa prévision d'une croissance supérieure au potentiel de moyen terme aux Etats-Unis en 2005 (+3,6%), malgré l'ouragan Katrina dont il est encore prématuré de mesurer l'impact sur l'économie américaine.

L'organisation révise d'autre part à la hausse la croissance du PIB du Japon (+1,8% au lieu de 1,5%) en 2005.

Ces évaluations "ne tiennent pas complètement compte des effets des hausses de prix du pétrole qu'on a pu observer durant l'été et des perturbations récentes associées à l'ouragan Katrina", a cependant souligné Jean-Philippe Cotis. "Des estimations complètes conduiraient sans doute à des chiffres plus faibles."

"Le prix réel du pétrole n'est plus très éloigné des niveaux qui prévalaient lors du grand choc pétrolier des années 1970", a-t-il expliqué. "Donc c'est un choc pétrolier de grande taille et rien n'indique qu'il ait touché à sa fin et que le cours du brut se retourne à la baisse prochainement."

LES ETATS-UNIS PLUS RESISTANTS QUE L'EUROPE AUX CHOCS

Selon le chef économiste de l'OCDE, les conséquences de Katrina pourraient se traduire aux Etats-Unis par un "ressaut d'inflation" et une baisse de la consommation des ménages, des importations et des exportations.

Les conjoncturistes américains estiment que les Etats-Unis perdront entre un quart et un demi-point de PIB de croissance au second semestre, a précisé Jean-Philippe Cotis.

"On peut imaginer aussi que cette réduction de l'activité économique pour le troisième trimestre et le quatrième trimestre sera suivie ensuite par une réaccélération, notamment avec les dépenses de reconstruction", a-t-il ajouté.

En outre, les Etats-Unis ont entamé le second semestre avec un rythme de croissance très tonique, ce qui "peut les mettre en situation, malgré tout, d'encaisser ce choc sans que le ralentissement soit dramatique".

Tel n'est pas le cas de l'Europe, où la relance de l'économie commence seulement à s'esquisser après une série de "reprises avortées", qui offre par conséquent une moindre capacité de résistance aux chocs extérieurs que l'économie américaine et se trouve donc "un peu vulnérable dans ce contexte", estime le chef économiste de l'OCDE.

L'OCDE estime donc qu'un resserrement de la politique monétaire n'est pas à l'ordre du jour dans la zone euro, où l'inflation sous-jacente est maîtrisée, voire tend à la baisse, et où la demande est en "déficit chronique".

"Le moment d'un resserrement monétaire en Europe n'est pas venu. En tout cas, dans un avenir immédiat et à l'horizon de la fin de l'année, un mouvement de resserrement est certainement quelque chose qui ne s'impose pas", a dit Jean-Philippe Cotis. "Pour l'instant une politique monétaire très accommodante est certainement ce qui convient pour la zone euro."

Aux Etats-Unis, l'ancrage de l'inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) autour de 2% devrait permettre un ralentissement du "resserrement monétaire" opéré par la Réserve fédérale, pour voir comment évolue la conjoncture économique, mais ce resserrement reste "nécessaire".

"La Réserve fédérale devrait continuer à revenir à la neutralité, bien qu'éventuellement à un rythme plus mesuré", estime l'OCDE dans sa note.

 

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