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Dans
le bras de fer entre l’Union Européenne (UE)
et la Chine sur le sujet des importations de
textiles, nous sommes en vraie guerre économique.
Pour ceux qui en douteraient, le dernier épisode
en date devrait leur ouvrir les esprits. Après
de fortes pressions, notamment de la France, et
de multiples tergiversations, pendant lesquelles
la Chine à soufflé le chaud et le froid, le
gouvernement
de Pékin accepte
d’augmenter ses taxes de 1500% sur
certains produits textiles au 1er
juin. Nous en parlions dans l’édito du
« 80 centimètres » du 15 mai
dernier.
Dans la
nuit même du 29 au 30 mai, probablement après
l’annonce officielle des résultats du vote
français contre la Constitution Européenne, la
Chine a fait marche arrière concernant son
intention d’augmenter les taxes à
l’exportation sur le textile et les vêtements.
Non seulement elle n’augmentera pas ses
taxes, mais elle en abolira sur plus de 80
autres produits textiles ! Nous avons le
sentiment que ces deux évènements sont
étroitement liés, et nous exprimions ce
sentiment dans notre édito du 1er juin dans
"360° de la compétitivité".
Cette surenchère traduit un durcissement du
conflit entre la Chine et l’UE. L’UE a référé
son litige sur le textile chinois à
l’Organisation Mondiale du Commerce. Suite à
cette démarche, Beijing a donc 15 jours pour réagir
mais les porte-parole de l’UE font comprendre
que cela n’exclut pas la possibilité
d’arriver à un accord à travers des négociations
bilatérales.
Le commissaire au Commerce de l’UE, Peter
Mandelson, n’a pas cessé de répéter la
semaine dernière qu’il excluait l’idée de
réintroduire des quotas sur le textile chinois
mais que faute d’un compromis, l’UE sera
contrainte de prendre les mesures qui
s’imposent. Ce discours laisse perplexes les
industriels et les responsables de l’industrie
textile locale. La Guerre Economique fait rage
et pendant ce temps, les politiques et les
institutions européennes sont déstabilisées
par le rejet du projet européen. L’Europe ne
fait plus front !
Nous
aborderons ce thème en trois articles :
-
la
guerre économique, mythe ou réalité ?
-
l'intérêt
national en quête de stratégie, de Christian
Harbulot, d'infoguerre.com
-
les
acheteurs sont-ils concernés par la guerre
économique ?
LA
GUERRE ECONOMIQUE, MYTHE OU REALITE ?
La
notion de « guerre économique » peut sembler
à certains un tant soit peu exagérée, digne d’un
roman d’espionnage des années 70, ou de la paranoïa
chronique qu’il faudrait soigner d’urgence. Pourtant,
les chroniques récentes de l’actualité économique
mondiale, et plus particulièrement française, nous démontrent
qu’il s’agit bien de la réalité.
La
terminologie n’est pas nouvelle. Déjà entre les deux
guerre mondiales (14-18 et 39-45), un certain Monsieur
Guichard employait ce terme dans ses argumentaires de
vente… Sun Tzu (6e siècle av. JC) fut un général
chinois qui fut à l'origine du célèbre ouvrage l'art
de la guerre. Bien que vieux de plus de 2500 ans, ce
livre reste encore très étudié, par exemple pour des
stratégies marketing modernes, et il est probablement le
plus ancien écrit sur le management de l’information
comme arme dans la guerre, qui même si elle n’est qu’économique,
fait de nombreuses victimes (chômeurs, petits
actionnaires, entreprises, nations…) . (lire
la suite)
L'INTERET
NATIONAL EN QUETE DE STRATEGIE
Le
non au référendum est un moyen comme un autre de souligner à quel point
le peuple français ne supporte plus l’absence de stratégie concernant
son avenir. Depuis Giscard d’Estaing, l’habitude a été prise par les
différents chefs de gouvernement de tout miser sur l’Europe. Ce vide
stratégique est apparu avec force lorsque l’Europe est entrée dans la
spirale d’un élargissement géographique sans rationalité avec le
temps et sans contrepoids au jeu d’influence des puissances
environnantes à l’Ouest comme à l’Est. Il a fallu l’arrivée
brutale de la Chine dans le concert des nations pour révéler de manière
flagrante l’incapacité du pouvoir politique, de droite comme de gauche,
à avoir su anticiper les tensions à venir. Contrairement aux apparences,
le oui à l’Europe ne protège pas du danger de la guerre, il amplifie
les interrogations la concernant. (lire
la suite)
LES
ACHETEURS SONT-ILS CONCERNES PAR LA GUERRE ECONOMIQUE ?
Bon
d’accord, la guerre économique est bien réelle, les
grandes zones économiques (Chine, USA, UE…) se livrent
une bataille âpre et sans pitié, et certaines grandes
entreprises multinationales en font les frais, et y
participent parfois. Mais les acheteurs, en quoi cela les
concerne-t-il ? Ils ne sont pas tous employés par
ces grandes firmes transnationales, et même si, que
pourraient-ils y changer ?
Eh
bien je dirais que si, cela les concerne, à plusieurs
titres même :
·
Dans leur métier d’acheteur d’abord
·
Dans leur mission de veille
·
Dans celle de protection
·
Et de communication externe
(lire
la suite)
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