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LES
ENCHERES ELECTRONIQUES
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Les
enchères électroniques inversées constituent un formidable
nouvel outil à la disposition des acheteurs professionnels pour
mener à bien leurs négociations, sous réserve de bien maîtriser,
pour les sécuriser juridiquement, tant les impacts contractuels
que les impacts concurrentiels. Le principal objectif des enchères
inversées est en effet, pour les acheteurs, de faire baisser le
prix et concomitamment de réduire le temps de négociation. Le
recours à cette pratique est, dès lors, de plus en plus répandu.
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Emilio
Cominotti
Dirigeant
fondateur d’inotti.com, il exerce dans le conseil et la
formation en achats.
Dans
ses activités de conseil en achat, il intervient auprès des
entreprises, aussi bien dans leurs stratégies de sourcing que
dans les aspects plus opérationnels de la démarche.
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Il
faut savoir que la réussite des enchères inversées repose
essentiellement sur leur préparation. En effet, si, comme on
l'a dit précédemment, les enchères électroniques réduisent
le temps de négociation, en revanche, elles augmentent
sensiblement le temps de préparation.
Mais à ce
niveau, on peut assister à une capitalisation de l’expérience
et de la connaissance du fait de la nécessaire numérisation
des données. Ainsi le temps investit initialement se voit réduit
au fur et à mesure de la systématisation de la démarche.
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Définition
: enchères inversées en ligne
n. f. pl.
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Enchères
en ligne qui consistent à donner la possibilité à un
acheteur internaute de fixer un prix d'achat servant de
base à la recherche du vendeur souhaitant vendre à ce
prix.
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Note(s):
Certains
sites Web proposent des enchères inversées où ce
n'est plus le vendeur qui fixe un prix, mais l'acheteur
qui indique quelle somme il est prêt à débourser pour
obtenir tel objet. Il ne lui reste plus, ensuite, qu'à
attendre les propositions. Si le fournisseur trouve le
produit demandé pour le prix exigé, la transaction est
alors effectuée.
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Dans
une vente aux enchères inversées, le prix des
produits, au lieu d'augmenter, diminue toutes les heures
jusqu'à atteindre un montant plancher, fixé préalablement
par le fabricant. La vente s'arrête dès qu'un acquéreur
emporte l'objet.
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Il
s'agit d'une forme de commerce axée sur la demande, qui
convient particulièrement bien aux demandes et offres
individuelles. Les acheteurs indiquent ce qu'ils
recherchent. Les vendeurs fournissent des offres de
vente individuelles parmi lesquelles l'acheteur
recherche celle qui lui convient.
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Historique
Tout
le monde connaît les ventes aux enchères : au coup de marteau
final, le mieux disant financier remporte le lot. Internet a
permis d'inventer un système exactement inverse : au coup de
marteau (virtuel) final, c'est le moins disant qui peut espérer
remporter la mise. Ces achats aux enchères inversées sont nées
en 1996, aux Etats-Unis, dans les “laboratoires” de la société
Freemarkets (rachetée depuis par le groupe Ariba).
Initialement, il s'agissait d'apporter un service supplémentaire
aux appels d'offres : la possibilité de confronter les réponses.
Puis s'est greffée l'idée de les confronter en temps réel,
via un site web, avec les fournisseurs directement connectés
pour faire connaître leur meilleure offre. Le tout sur une période
assez longue (deux à trois heures). Les achats aux enchères étaient
nés.
L'un des
prestataires français les plus significatifs en la matière, Synerdeal,
a donné des éléments précis sur une enchère menée pour un
géant de l’aéronautique européen. L'industriel leur a confié
un appel d'offres de 400 millions d'euros, répartis sur 22
lots. Synerdeal a identifié les fournisseurs, leur a soumis un
cahier des charges lot par lot, et les a invité à une séance
d’enchères en ligne. Une quarantaine de fournisseurs ont été
sélectionnés, répartis sur 18 fuseaux horaires. A l’instant
T, les enchères ont commencé. Chacun derrière son terminal,
les représentants des fournisseurs voyaient les enchères des
concurrents symbolisées par un point sur l'écran. (Voir
graphique page suivante) Et les sous-enchères ont démarré. A
l'arrivée, le mandataire de Synerdeal a économisé 16 % de
l'appel d'offres, soit plus de 60 millions d’euros. Cette
technique est la plus efficace jamais mise au point pour
confronter les tarifs de fournisseurs et les mettre directement
en concurrence. Pour autant, le moins disant financier n'est pas
certain de l'emporter. La qualité d’une offre ne tient pas
qu'au prix.
La pratique se
répand sur les places de marché
Mais la chose ne
fait désormais plus de doute : les processus d’achats aux
enchères interentreprises constituent l'application la plus
importante du commerce électronique B to B. Les grandes places
de marché industrielles rodent leurs services depuis 2 ans,
mais vont accélérer la tendance. Sur la place de marché de
l'automobile Covisint, plus de mille enchères inversées agrégeant
54 milliards de dollars de transactions ont déjà été menées.
85 % des produits soumis à ces appels d’offres ne sont pas
des achats hors production, mais bien des pièces détachées.
En 2001, le seul groupe Peugeot a passé plus de 200 millions
d’euros d’enchères sur Covisint, dont les 2/3 concernent
les achats série (vitrages, cuir, bougies). Pour 2002, le
groupe s’est fixé un objectif dépassant le milliard
d’euros d’enchères.
Avec l’EDI, les grands industriels avaient réalisé le
premier maillage électronique solide avec leurs réseaux de
sous-traitance. Cette application inaugure une ère qui risque
de faire grincer beaucoup plus de dents…
Enjeux
Le volume d'enchères
réalisées croit chaque année dans l'univers de l'entreprise.
D'après Kurt Salomon Associates, il s'élèvera cette année à
plusieurs centaines de milliards d'euros. On parle de 20
milliards d'euros rien que pour la France. Les distributeurs
sont l'un des champions de la pratique. Le groupe Casino passe
ainsi un volume de 400 millions d'euros en enchères par an et
Carrefour a déjà passé 1,4 milliard d'euros. Désormais toute
entreprise est susceptible d'acheter par ce biais. Même les
collectivités locales ont saisi les enjeux de la dématérialisation
et ont commencé à réaliser de substantielles économies en
utilisant les enchères en lignes. Elles sont d'ailleurs très
appropriées dans un contexte réglementé et normé.
Les gains réalisés
Les économies réalisées varient selon le type de produits
achetés. En 2003 les gains constatés par type de produits étaient
:
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Un
milliard de dollars d’économies pour General
Electric
La
plus grande société du monde, General Electric (15
milliards d’euros de bénéfices en 2000) a lancé
les travaux en 1999. En l’an 2000, 10 000 enchères
électroniques ont été réalisées, qui ont généré
près d’un milliard de dollars d’économies (7
milliards de dollars de contrats renégociés, pour 13
% d’économie en moyenne). L'an passé, près de 15
milliards de dollars d’achats devaient passer par
ces enchères en ligne, un mode de négociation en
cours de banalisation dans le processus d’achat du
groupe. Une étude menée l’an passé par
l’Université de Penn State sur 2200 enchères réalisées
chez GE a permis d’affiner leurs critères de succès
: chaque enchère doit rassembler plus de cinq
fournisseurs, pour un montant d’enchères compris
entre 50 et 200 000 $, avec de 2 à 4 articles par
enchères, pour une durée idéale de deux heures.
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haut
de page

Marketing
de la démarche
Rassurer
les fournisseurs pour les inciter à participer activement aux
enchères
Il
est important que l'acheteur informe de sa stratégie et de ses
critères de sélection avec le vendeur.
Il y a une énorme erreur d’interprétation des
intervenants sur la places de marchés qui est de penser que le
« gagnant » d’une enchère inversée est
obligatoirement le moins disant..
En fait, la technologie et l’outil ne dicte pas le résultat
final et l'acheteur a beaucoup plus de flexibilité et d'options
pour faire sa sélection finale.
Il est impératif que le vendeur comprenne les critères
d'attribution de l'acheteur de sorte qu'il puisse placer sa
stratégie d’offre de la manière la plus pertinente.
Par
exemple, un acheteur peut utiliser l'enchère pour pré-qualifier
des fournisseurs et poursuivre avec des négociations
traditionnelles. Peut-être
seuls les trois soumissionnaires principaux dans une enchère
seront invités aux négociations.
Dans cet exemple, le but d'un vendeur en participant à
l'événement devrait être de se placer dans les trois
premiers, mais pas
d'être nécessairement le mieux disant.
Désormais,
le fournisseur connaissant mieux les critères de sélection de
l’acheteur et les règles du jeu de l’enchère, son prochain
souci est en général de s'assurer que tous les participants en
présence sont des soumissionnaires viables, tous également
qualifiés pour fournir les services exigés pour le projet.
C'est un argument clef des adversaires des outils d'enchère.
Leur crainte est que des soumissionnaires moins qualifiés,
des entreprises avec qui l'acheteur n'a aucune intention de
faire des affaires, soient invités dans une enchère dans le
seul but de faire baisser les offres de manière plus
importante.
Si
un fournisseur a des inquiétudes à ce sujet, il devrait les
partager avec l'acheteur. L'acheteur
a un certain nombre de moyens pour réduire les inquiétudes des
fournisseurs, dont :
·
Communiquer, dès le début du processus, que
seuls les fournisseurs qualifiés seront formellement invités
à participer à l’enchère;
c-à-d, qu’ils
doivent satisfaire avec succès au cdc d’agrément, technique,
logistique et commercial
·
Partages du nom des autres participants (mais pas
de leurs offres commerciales)
·
Faire valider l'enchère et ses participants par
le prestataire de service, un cabinet d'expertise comptable ou
un autre tiers assermenté.
Quand ils ont un doute, les vendeurs peuvent et devraient
demander ce niveau de l'information à l'acheteur.
Enchères
inversées et enchères multicritères
La
base livre une vision de la dépense selon deux axes. L'un
statique : l'indication qu'à tel moment l'entité a acheté à
tel fournisseur telle prestation ; l'autre, dynamique, qui
compare l'évolution du chiffre d'affaires de tel fournisseur et
le gain qu'en retire l'entreprise. Le système produit référencement,
analyse des marchés. Il est utilisé, technologies Internet
obligent, en complément des services d'enchères en ligne. «
Il faut dédramatiser les enchères inversées, insiste Bruno
Lockhart.
On
atteint assez vite le prix du marché. Si l'offre la moins coûteuse
cache quelque chose, l'acheteur peut déclarer infructueuse la négociation.
Les enchères multicritères sont plus intéressantes. Elles
peuvent pondérer le prix par d'autres éléments (délai de
livraison, délai de règlement, service après-vente...). La préparation
oblige l'acheteur à mieux formaliser ses besoins, ses
contraintes. Nous sommes dans une phase d'apprentissage,
probablement à un tournant, car Suez Environnement est en train
de former ses vendeurs à ces tactiques de négociation.»
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de page

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| Perspectives
de futur
Nous arrivons aujourd'hui à dédramatiser le choc brutal des résultats
des enchères. Les premières expériences passées et le
respect des méthodologies permettent un déploiement plus assuré.
Les enchères vont donc investir de nouveaux domaines. L'avenir
se situe dans les enchères collaboratives, sorte d'association
d'enseignes, pour acheter en commun un même produit. Les gains
réalisés par cette massification augmentent alors de 20 %.
Mais cette étape demande de maîtriser déjà les enchères en
elles-mêmes. Pour y parvenir, il y 3 moyens fondamentaux :
- l'expérience,
avec son cortège de "ratés" et de perte de temps
- l'accompagnement,
qui peut se faire très facilement par le loueur de la
plateforme web ou par un consultant indépendant (inotti.com
par exemple..)
- la
formation qui peut venir en complément (téléchargez
ici le programme)
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