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1.
Stratégie des entreprises face à l’environnement :
L'environnement
est une dimension stratégique de l'entreprise, qui au-delà de sa
perception technique, inclus différents aspects : économiques, sociétales
et environnementales. Cette préoccupation environnementale touche toute
activité et tous les acteurs. Le développement durable vient aujourd'hui
renforcer cette perception transversale et est devenu, pour les
entreprises, un excellent cadre de réponse aux risques et opportunités
auxquels les entreprises sont confrontées. Il faut ainsi concilier
activité économique et société. Le développement durable ne doit se réduire
ni à un slogan, ni à une communication d'entreprise mais doit viser la
performance globale de l'entreprise et un monde soutenable pour
aujourd'hui et pour demain. Chacun se doit d'imaginer le chemin pour y
parvenir. L’important est d’engager des actions pour lutter contre le
changement climatique en s’assurant qu’elles préservent la compétitivité
de l’industrie et même, si possible, qu’elles l’améliorent.
Dans ce domaine, des critères et règles de plus en plus précis sont mis
en place comme la rédaction de déclarations environnementales, de
rapports environnementaux et de développement durable. La Loi NRE
(Nouvelles Régulations Economiques), entre autre, institue l'obligation
d'un rapport " développement durable " qui rend compte
annuellement de la gestion
sociale et environnementale pour les sociétés côtées en bourse. Cette
loi représente un puissant levier informationnel qui répond à un besoin
croissant d'information des parties prenantes : investisseurs,
consommateurs, fournisseurs etc. Qu'il soit à destination externe ou interne, obligatoire ou non,
le rapport " développement durable ", en tant que bilan et
objectif d'amélioration (engagement de progrès), doit représenter le
" souffle " de l'entreprise, sa stratégie, sa vision.
Des
écolabels nationaux et internationaux comme les normes ISO 14001, 14063
et divers agrégations de normes (OHSAS…)sont des guides supplémentaires
pour savoir quel est l’engagement des fournisseurs par rapport au développement
durable.
2.
Le développement durable et les achats
La
fonction " achats " est une fonction clef en matière de développement
durable car elle touche tous les collaborateurs de l'entreprise et créé
une dynamique d'entraînement des fournisseurs et des prestataires de
services.
Certaines
entreprises se sont orientées très tôt dans la mise en œuvre d’une
politique développement durable. Dans le domaine des achats, il serait
bien de déployer une politique transversale soucieuse de la prise en
compte des valeurs développement durable. Il faudrait insérer chaque
fois que possible dans ses appels d’offres, des clauses qui garantissent
l’acquisition de biens et services à valeurs éthiques
environnementales et humaines.
Il
faudrait être attentif à toutes les initiatives que prennent les
fournisseurs soucieux d’émettre des offres qui incorporent des produits
labellisés, qui s’engagent à faire évoluer davantage leurs
prestations vers des valeurs à caractère développement durable, ou
encore qui s’engagent globalement dans une démarche d’entreprise
responsable (chartes, déclarations, certification, etc.).
Ainsi,
pour le choix de ses partenaires, une Direction des Achats devrait tenir
compte de leur engagement dans le développement durable. Cette prise en
compte se concrétise par :
- l'intégration, dans tout appel d'offres d'une rubrique permettant aux
fournisseurs d'exprimer leur engagement dans le développement durable
-
la prise en compte de leurs réponses dans une grille de choix final des
prestataires
- L'intégration d'une clause développement durable dans les conditions générales
de chaque contrat.
Les
actions dans le domaine des achats sont de plus en plus orientées et guidées
par les principes du développement durable :
·
Création et mise en place d’une charte de Développement durable
pour susciter chez les fournisseurs, sous-traitants et partenaires une adhésion
aux engagement pris en matière de développement durable.
- Introduire
dans la liste des critères de sélection des fournisseurs les efforts
qu'ils développent pour promouvoir dans leurs activités la
protection et l'amélioration de l'environnement".
- Une
évaluation des fournisseurs
sur des notions de performance en matière de respect de
l'environnement.
- Mise
en place de modules de développement durable dans les formations des acheteurs
Ainsi
une réflexion en terme de "cycle de vie" devrait être un réflexe
puisque c’est un préalable incontournable à l'éco conception et à l'écologie
industrielle. Tout d’abord
une analyse au niveau du processus d’élaboration de produit ou de
service permettrait de travailler sur un périmètre délimité, et ainsi
de minimiser les impacts sur l'environnement en utilisant les
sous-produits ou les déchets d'une industrie comme source d'énergie ou
ressource pour une autre. En effet le traitement des déchets industriels
qui engendre un coût pour l’entreprise peut se revendre lorsque l’on
trouve une solution pour les réutiliser dans d’autres domaines.
On parle aussi d’achats verts qui prennent en compte la
surconsommation alarmante des ressources naturelles. L'écologie
industrielle reprend cette réflexion systémique à l'échelle d'un
territoire (pôle industriel). A mesure que les interdépendances
s'accroissent, les nuisances sont neutralisées. La démarche est alors
" gagnant-gagnant " pour les industriels et pour la collectivité.
Concrètement un tel système se développe autour d'un produit principal
avec ses propres satellites fournisseurs. L'utilisation des outils de créativité
autour du produit ou du service (Eco-Triz), ainsi qu'une réflexion sur
l'utilité stratégique et commerciale du " coût global "
permettent de progresser avec un maximum de consensus. Prenant acte de la
surconsommation alarmante des ressources naturelles. La réévaluation des
besoins d’une manière générale peut permettre de réaliser de réelles
économies d’argent et de ressources. Pour une approche environnementale
plus directe, les acheteurs peuvent recourir à standards
environnementaux. se référer aux critères d’attribution des labels.
Une démarche d’achat vert pourrait être de proposer des spécifications
techniques pour certains produits : produits d’entretien, électricité,
informatique… Des idées simples peuvent être mises en œuvre, comme la
livraison en gros de certaines fournitures afin de limiter les transports.
De
nombreuses entreprises comme
Véolia Environnement fournissent des solutions adaptées aux problèmes
que les entreprise rencontrent dans les domaines de traitement de l'eau,
des déchets, de l'optimisation énergétique et des transports par
exemple. Il s'agit en particulier pour les années à venir d'affirmer la
vocation d'entreprise leader en matière de développement durable. Cela
suppose une forte capacité d'innovation.
Ainsi
on s’intéressera de plus près à un "coût total
d'utilisation" qui prend en compte les coûts d'achat, mais aussi les
coûts d'usage (les consommations d'énergie par exemple), les coûts de
maintenance (incluant l'élimination et le recyclage des produits) et qui
met l'accent sur les obligations de traçabilité. Des applications
pratiques ont concerné des domaines variés : pompes, imprimantes, véhicules,
piles, etc. La prise en compte du coût total présente des avantages
environnementaux. Ce modèle pourrait se développer sur l'ensemble des
achats de biens durables, de manière à réaliser l'intégration des coûts/avantages
environnement aux coûts/avantages économiques d'acquisition et
d'utilisation des équipements.
3.
Engagements et solutions envisageables :
- Protéger
l'environnement, préserver les ressources naturelles et favoriser la
biodiversité ;
- Veiller
à la conformité de nos installations et prestations avec la réglementation
applicable en tenant compte des normes en cours d'élaboration ;
- Accentuer
nos efforts de recherche, de développement et d'innovation afin
d'accroître notre capacité à répondre aux défis environnementaux
- Susciter
chez nos partenaires, sous-traitants et fournisseurs l'adhésion à
nos engagements en matière de développement durable ;
- Anticiper
les besoins et attentes des populations dans le domaine des services
à l'environnement
- Gestion
de l'énergie : étendre la préoccupation d'énergie à tous les
usages, réduire fortement les besoins par une rigoureuse conception
climatique intégrée, choisir les énergies et les systèmes, non
plus sur le seul critère de la réduction de consommation mais sur
une hiérarchie des sources d'énergie selon leur impact sur
l'environnement
- Gestion
de l'eau : réduction de la consommation d'eau potable par la récupération
et le recyclage des eaux pluviales, récupération et traitement d'une
partie des eaux grises
- Gestion
des déchets d'activité : valorisation des déchets, collecte sélective
Les
bâtiments et leur climatisation
Production
d’eau chaude, climatisation, chauffage ... sont à l’origine
d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Il faut savoir que le
secteur du bâtiment est responsable de la moitié de la consommation d'énergie
et des émissions de C02. Les systèmes de climatisation par exemple ont
ainsi leurs effets pervers même s’ils connaissent une forte croissance,
liée au souci légitime de confort en période estivale, et de se prémunir
contre les effets d’une éventuelle canicule. En effet ils sont
responsables d’une forte dépense énergétique, émission de polluants
et de gaz à effet de serre. Les émissions de gaz frigorigènes utilisé
par les climatiseurs (HFC) ont un pouvoir de réchauffement de l’atmosphère
bien supérieur au CO2 et possèdent des gisements de réduction importants.
Concernant l’utilisation de gaz frigorigènes, on pourra s’orienter
vers une climatisation durable, dont certaines actions s’appliquent également
au secteur industriel. L’action climatisation durable aura pour but
d’améliorer l’information des consommateurs, de mettre en place des
bonnes pratiques des professionnels, de rendre l’Etat exemplaire et
d’imposer un règlement européen sur le contrôle des climatiseurs.
L’information des consommateurs devra porter sur les performances, les
consommations et les émissions de polluants des systèmes de
climatisation.
Lors
d’achats de bâtiment il faudra surtout étudier des solutions
alternatives comme l’architecture
bioclimatique, des
protections solaires, de meilleurs isolants, des appareils consommant
moins d’énergie, des systèmes de rafraîchissement passif (exemple du
puits canadien)...L’acheteur devra inclure ce paramètre lors de sa
prise de décision entre plusieurs fournisseurs et plusieurs produits ou
effectivement faire appel à d’autre technologie ou manière d’obtenir
le même résultat tout en diminuant la consommation.
Transport durable
Le
secteur des transports, grand consommateur d’énergie, constitue en
France, la première source d’émissions de gaz à effet de serre (149
millions de tonnes équivalent CO2, en 2003). Reflet de la mobilité
grandissante des personnes et des marchandises dans notre société, sa
part dépasse le quart des émissions en France (27% des gaz à effet de
serre et 34% du CO2). Ce secteur est aussi celui qui montre la plus forte
croissance (+23% entre 1990 et 2003).
A terme, cette croissance des émissions de gaz à effet de serre des
transports, si elle n’était pas maîtrisée, pourrait menacer
l’atteinte de l’objectif Kyoto de stabilisation en 2008-2012, de
l’ensemble de nos émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), à leur
niveau de 1990, et handicaper les efforts sur la période suivante.
Les
transports émettent surtout du dioxyde de carbone, provenant de la
combustion des carburants . Le transport routier de personnes et de
marchandises est le contributeur le plus important ( (92%) des émissions
des transports, suivi par le transport aérien et le maritime . Les seules
voitures particulières, malgré des progrès indéniables en matière de
motorisation, sont à l’origine de 60% des émissions de gaz à effet de
serre du mode routier. Les émissions de GES fluorés provenant de la
climatisation des véhicules (+80% en trois ans) constituent également un
sujet préoccupant.
Le
Plan véhicule propre et économe (septembre 2003), le Plan climat
(juillet 2004), ainsi que le Plan national biocarburants, annoncé par le
Premier ministre en septembre 2004, contiennent un ensemble de mesures
dont l’application permettra de réduire les émissions des transports
d’une vingtaine de millions de tonnes équivalent CO2 par an, en 2010,
soit prés de 28% de l’effort national. Les actions de ces plans portent
sur les technologies mais aussi sur l’organisation des modes de déplacement :
améliorations techniques des véhicules, utilisation renforcée des
biocarburants comme l’éthanol au Brésil, prise en compte des coûts
environnementaux du transport aérien, fiscalité, étiquetage Energie
lors de la vente d’un véhicule, affectation des dividendes des sociétés
d’autoroutes au financement d’infrastructures relativement sobres en
sont les principales mesures.
Plan véhicule propres :
La
lutte contre le changement climatique : un plan « véhicules propres »
au cœur de la démarche du développement durable. Dans le domaine de la
lutte contre le changement climatique nous avons un véritable défi à
relever : il nous faut diviser par 4 à 5 nos émissions d’ici
2050, ce qui correspond à une réduction continue de 3% par an. Ainsi au
total 155 M€ seront investis par l’Etat et les industriels sur les
recherches en matières de véhicules propres ce qui prolongera et
renforcera le dispositif d’aides publiques et d’opérations de démonstration
destinées à encourager l’achat de véhicules alternatifs.
Il
est aussi possible de recourir plus souvent aux primes d’incitation qui
récompensent les entreprises améliorant leurs procédés afin d’en
faire baisser le coût de fonctionnement ou d’exploitation. Il est ainsi
envisageable de « récompenser » les transporteurs qui investissent dans
des matériels moins consommateurs ou qui mènent des actions de formation
auprès de leurs chauffeurs.
Enfin,
le recours aux solutions alternatives en matière d’énergie peut être
plus systématique dans les marchés publics, qui devraient être les plus
en avance dans ce domaine.
Conclusion :
Dès
lors, ce qui est important est d'avoir une règle de conduite et des critères
d'évaluation exigeants vis-à-vis de l'ensemble des fournisseurs. C'est
pourquoi la démarche d'audits fournisseurs sur des critères de développement
durable paraît être la suite logique de ces principes.
La
démarche environnementale n'est pas une contrainte ajoutée à d'autres,
c'est un état d'esprit qui recentre les champs du possible. Certes si les
entreprises doivent montrer l’exemple chaque citoyen doit se sentir
concerner et participer activement au recyclage et au respect de
l’environnement.
D’ailleurs
l’IUP pourrait proposer un cours sur l’impact des achats sur
l’environnement afin de sensibiliser chacun d’entre nous, futurs
acheteurs à ce sujet de plus en plus sensible dans les entreprises. Au
sein des achats indirects de la société General Electric de nombreuses
solutions sont étudiées et mises en place pour retraiter les déchets
industriels ainsi que les eaux usagées pour le respect de
l’environnement mais aussi dans le soucis de l’image de l’entreprise
qui se veut une entreprise propre et toujours à la pointe dans tous les
domaines. Je pense que cet aspect environnemental est en train de prendre
un tournant essentiel au sein de chaque entreprise dite « citoyenne ».
Ce n’est que le début mais c’est en commençant un jour que l’on
pourra sauvegarder une planète en bonne « santé » où l’écosystème
n’est pas perturbé par la pollution.
Différents
ouvrages traitent des bonnes pratiques à mettre en place par l’ensemble
des acheteurs qui ont à cœur d’utiliser tous les outils à leur
disposition pour faire avancer l’achat responsable. Un achat répondant
aux besoins sans excès permet donc moins de déchets.
Le
fait d'acheter seulement ce dont on a besoin constitue donc un excellent
moyen de protéger l'environnement et d'économiser de l'argent. En matière
de consommation, l'adoption des principes de prévention de la pollution
peut avoir des effets considérables sur la création d'un marché plus écologique.
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