Comment être un acheteur éco-responsable ?

 

Depuis quelques années le problème de la protection de la planète devient une préoccupation perpétuelle en raison de l’augmentation de la population et donc de la consommations qui entraîne ainsi des déchets et une pollution de plus en plus importante. C’est pourquoi le développement durable a vu le jour.

Les modes de production et de consommation doivent être revus pour respecter l’environnement humain ou naturel et permettre à tous les habitants de la Terre de satisfaire leurs besoins fondamentaux : se nourrir, se loger, se vêtir, s’instruire, travailler, vivre dans un environnement sain...

Comme l’a rappelé le Président de la République Jacques Chirac, lors du Sommet mondial de Johannesbourg en septembre 2002, le développement durable appelle un changement de comportement de chacun (citoyens, entreprises, collectivités territoriales, gouvernements, institutions internationales) face aux menaces qui pèsent sur les hommes et la planète : inégalités sociales, risques industriels et sanitaires, changements climatiques, perte de biodiversité....

Le développement durable est “un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". 1987 - Mme Gro Harlem Bruntdland, Premier Ministre norvégien

 

Adeline DELEERSNYDER

Etudiante EIA2 à l'UHA de Mulhouse et apprentie acheteur 

 

1.       Stratégie des entreprises face à l’environnement :

 

L'environnement est une dimension stratégique de l'entreprise, qui au-delà de sa perception technique, inclus différents aspects : économiques, sociétales et environnementales. Cette préoccupation environnementale touche toute activité et tous les acteurs. Le développement durable vient aujourd'hui renforcer cette perception transversale et est devenu, pour les entreprises, un excellent cadre de réponse aux risques et opportunités auxquels les entreprises sont confrontées. Il faut ainsi concilier activité économique et société. Le développement durable ne doit se réduire ni à un slogan, ni à une communication d'entreprise mais doit viser la performance globale de l'entreprise et un monde soutenable pour aujourd'hui et pour demain. Chacun se doit d'imaginer le chemin pour y parvenir. L’important est d’engager des actions pour lutter contre le changement climatique en s’assurant qu’elles préservent la compétitivité de l’industrie et même, si possible, qu’elles l’améliorent.


Dans ce domaine, des critères et règles de plus en plus précis sont mis en place comme la rédaction de déclarations environnementales, de rapports environnementaux et de développement durable. La Loi NRE (Nouvelles Régulations Economiques), entre autre, institue l'obligation d'un rapport " développement durable " qui rend compte annuellement  de la gestion sociale et environnementale pour les sociétés côtées en bourse. Cette loi représente un puissant levier informationnel qui répond à un besoin croissant d'information des parties prenantes : investisseurs, consommateurs, fournisseurs etc. Qu'il soit à destination externe ou interne, obligatoire ou non, le rapport " développement durable ", en tant que bilan et objectif d'amélioration (engagement de progrès), doit représenter le " souffle " de l'entreprise, sa stratégie, sa vision.

Des écolabels nationaux et internationaux comme les normes ISO 14001, 14063 et divers agrégations de normes (OHSAS…)sont des guides supplémentaires pour savoir quel est l’engagement des fournisseurs par rapport au développement durable.

 

 

 

 

2. Le développement durable et les achats

 

La fonction " achats " est une fonction clef en matière de développement durable car elle touche tous les collaborateurs de l'entreprise et créé une dynamique d'entraînement des fournisseurs et des prestataires de services.

 

Certaines entreprises se sont orientées très tôt dans la mise en œuvre d’une politique développement durable. Dans le domaine des achats, il serait bien de déployer une politique transversale soucieuse de la prise en compte des valeurs développement durable. Il faudrait insérer chaque fois que possible dans ses appels d’offres, des clauses qui garantissent l’acquisition de biens et services à valeurs éthiques environnementales et humaines.

 

Il faudrait être attentif à toutes les initiatives que prennent les fournisseurs soucieux d’émettre des offres qui incorporent des produits labellisés, qui s’engagent à faire évoluer davantage leurs prestations vers des valeurs à caractère développement durable, ou encore qui s’engagent globalement dans une démarche d’entreprise responsable (chartes, déclarations, certification, etc.).

 

Ainsi, pour le choix de ses partenaires, une Direction des Achats devrait tenir compte de leur engagement dans le développement durable. Cette prise en compte se concrétise par :
- l'intégration, dans tout appel d'offres d'une rubrique permettant aux fournisseurs d'exprimer leur engagement dans le développement durable

- la prise en compte de leurs réponses dans une grille de choix final des prestataires
- L'intégration d'une clause développement durable dans les conditions générales de chaque contrat.

 

Les actions dans le domaine des achats sont de plus en plus orientées et guidées par les principes du développement durable :

·         Création et mise en place d’une charte de Développement durable pour susciter chez les fournisseurs, sous-traitants et partenaires une adhésion aux engagement pris en matière de développement durable.

  • Introduire dans la liste des critères de sélection des fournisseurs les efforts qu'ils développent pour promouvoir dans leurs activités la protection et l'amélioration de l'environnement".
  • Une évaluation des fournisseurs sur des notions de performance en matière de respect de l'environnement.
  • Mise en place de modules de développement durable dans les formations des acheteurs

 

Ainsi une réflexion en terme de "cycle de vie" devrait être un réflexe puisque c’est un préalable incontournable à l'éco conception et à l'écologie industrielle. Tout d’abord une analyse au niveau du processus d’élaboration de produit ou de service permettrait de travailler sur un périmètre délimité, et ainsi de minimiser les impacts sur l'environnement en utilisant les sous-produits ou les déchets d'une industrie comme source d'énergie ou ressource pour une autre. En effet le traitement des déchets industriels qui engendre un coût pour l’entreprise peut se revendre lorsque l’on trouve une solution pour les réutiliser dans d’autres domaines. On parle aussi d’achats verts qui prennent en compte la surconsommation alarmante des ressources naturelles. L'écologie industrielle reprend cette réflexion systémique à l'échelle d'un territoire (pôle industriel). A mesure que les interdépendances s'accroissent, les nuisances sont neutralisées. La démarche est alors " gagnant-gagnant " pour les industriels et pour la collectivité. Concrètement un tel système se développe autour d'un produit principal avec ses propres satellites fournisseurs. L'utilisation des outils de créativité autour du produit ou du service (Eco-Triz), ainsi qu'une réflexion sur l'utilité stratégique et commerciale du " coût global " permettent de progresser avec un maximum de consensus. Prenant acte de la surconsommation alarmante des ressources naturelles. La réévaluation des besoins d’une manière générale peut permettre de réaliser de réelles économies d’argent et de ressources. Pour une approche environnementale plus directe, les acheteurs peuvent recourir à standards environnementaux. se référer aux critères d’attribution des labels. Une démarche d’achat vert pourrait être de proposer des spécifications techniques pour certains produits : produits d’entretien, électricité, informatique… Des idées simples peuvent être mises en œuvre, comme la livraison en gros de certaines fournitures afin de limiter les transports.

De nombreuses entreprises  comme Véolia Environnement fournissent des solutions adaptées aux problèmes que les entreprise rencontrent dans les domaines de traitement de l'eau, des déchets, de l'optimisation énergétique et des transports par exemple. Il s'agit en particulier pour les années à venir d'affirmer la vocation d'entreprise leader en matière de développement durable. Cela suppose une forte capacité d'innovation.

Ainsi on s’intéressera de plus près à un "coût total d'utilisation" qui prend en compte les coûts d'achat, mais aussi les coûts d'usage (les consommations d'énergie par exemple), les coûts de maintenance (incluant l'élimination et le recyclage des produits) et qui met l'accent sur les obligations de traçabilité. Des applications pratiques ont concerné des domaines variés : pompes, imprimantes, véhicules, piles, etc. La prise en compte du coût total présente des avantages environnementaux. Ce modèle pourrait se développer sur l'ensemble des achats de biens durables, de manière à réaliser l'intégration des coûts/avantages environnement aux coûts/avantages économiques d'acquisition et d'utilisation des équipements.

3. Engagements et solutions envisageables :

  1. Protéger l'environnement, préserver les ressources naturelles et favoriser la biodiversité ;
  2. Veiller à la conformité de nos installations et prestations avec la réglementation applicable en tenant compte des normes en cours d'élaboration ;
  3. Accentuer nos efforts de recherche, de développement et d'innovation afin d'accroître notre capacité à répondre aux défis environnementaux
  4. Susciter chez nos partenaires, sous-traitants et fournisseurs l'adhésion à nos engagements en matière de développement durable ;
  5. Anticiper les besoins et attentes des populations dans le domaine des services à l'environnement
  6. Gestion de l'énergie : étendre la préoccupation d'énergie à tous les usages, réduire fortement les besoins par une rigoureuse conception climatique intégrée, choisir les énergies et les systèmes, non plus sur le seul critère de la réduction de consommation mais sur une hiérarchie des sources d'énergie selon leur impact sur l'environnement
  7. Gestion de l'eau : réduction de la consommation d'eau potable par la récupération et le recyclage des eaux pluviales, récupération et traitement d'une partie des eaux grises
  8. Gestion des déchets d'activité : valorisation des déchets, collecte sélective

 

Les bâtiments et leur climatisation 

Production d’eau chaude, climatisation, chauffage ... sont à l’origine d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Il faut savoir que le secteur du bâtiment est responsable de la moitié de la consommation d'énergie et des émissions de C02. Les systèmes de climatisation par exemple ont ainsi leurs effets pervers même s’ils connaissent une forte croissance, liée au souci légitime de confort en période estivale, et de se prémunir contre les effets d’une éventuelle canicule. En effet ils sont responsables d’une forte dépense énergétique, émission de polluants et de gaz à effet de serre. Les émissions de gaz frigorigènes utilisé par les climatiseurs (HFC) ont un pouvoir de réchauffement de l’atmosphère bien supérieur au CO2  et possèdent des gisements de réduction importants. Concernant l’utilisation de gaz frigorigènes, on pourra s’orienter vers une climatisation durable, dont certaines actions s’appliquent également au secteur industriel. L’action climatisation durable aura pour but d’améliorer l’information des consommateurs, de mettre en place des bonnes pratiques des professionnels, de rendre l’Etat exemplaire et d’imposer un règlement européen sur le contrôle des climatiseurs. L’information des consommateurs devra porter sur les performances, les consommations et les émissions de polluants des systèmes de climatisation.

Lors d’achats de bâtiment il faudra surtout étudier des solutions alternatives comme  l’architecture bioclimatique,  des protections solaires, de meilleurs isolants, des appareils consommant moins d’énergie, des systèmes de rafraîchissement passif (exemple du puits canadien)...L’acheteur devra inclure ce paramètre lors de sa prise de décision entre plusieurs fournisseurs et plusieurs produits ou effectivement faire appel à d’autre technologie ou manière d’obtenir le même résultat tout en diminuant la consommation.

 

Transport durable

Le secteur des transports, grand consommateur d’énergie, constitue en France, la première source d’émissions de gaz à effet de serre (149 millions de tonnes équivalent CO2, en 2003). Reflet de la mobilité grandissante des personnes et des marchandises dans notre société, sa part dépasse le quart des émissions en France (27% des gaz à effet de serre et 34% du CO2). Ce secteur est aussi celui qui montre la plus forte croissance (+23% entre 1990 et 2003).
A terme, cette croissance des émissions de gaz à effet de serre des transports, si elle n’était pas maîtrisée, pourrait menacer l’atteinte de l’objectif Kyoto de stabilisation en 2008-2012, de l’ensemble de nos émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), à leur niveau de 1990, et handicaper les efforts sur la période suivante.

Les transports émettent surtout du dioxyde de carbone, provenant de la combustion des carburants . Le transport routier de personnes et de marchandises est le contributeur le plus important ( (92%) des émissions des transports, suivi par le transport aérien et le maritime . Les seules voitures particulières, malgré des progrès indéniables en matière de motorisation, sont à l’origine de 60% des émissions de gaz à effet de serre du mode routier. Les émissions de GES fluorés provenant de la climatisation des véhicules (+80% en trois ans) constituent également un sujet préoccupant.

Le Plan véhicule propre et économe (septembre 2003), le Plan climat (juillet 2004), ainsi que le Plan national biocarburants, annoncé par le Premier ministre en septembre 2004, contiennent un ensemble de mesures dont l’application permettra de réduire les émissions des transports d’une vingtaine de millions de tonnes équivalent CO2 par an, en 2010, soit prés de 28% de l’effort national. Les actions de ces plans portent sur les technologies mais aussi sur l’organisation des modes de déplacement : améliorations techniques des véhicules, utilisation renforcée des biocarburants comme l’éthanol au Brésil, prise en compte des coûts environnementaux du transport aérien, fiscalité, étiquetage Energie lors de la vente d’un véhicule, affectation des dividendes des sociétés d’autoroutes au financement d’infrastructures relativement sobres en sont les principales mesures.

 

Plan véhicule propres :

La lutte contre le changement climatique : un plan « véhicules propres » au cœur de la démarche du développement durable. Dans le domaine de la lutte contre le changement climatique nous avons un véritable défi à relever : il nous faut diviser par 4 à 5 nos émissions d’ici 2050, ce qui correspond à une réduction continue de 3% par an. Ainsi au total 155 M€ seront investis par l’Etat et les industriels sur les recherches en matières de véhicules propres ce qui prolongera et renforcera le dispositif d’aides publiques et d’opérations de démonstration destinées à encourager l’achat de véhicules alternatifs.

Il est aussi possible de recourir plus souvent aux primes d’incitation qui récompensent les entreprises améliorant leurs procédés afin d’en faire baisser le coût de fonctionnement ou d’exploitation. Il est ainsi envisageable de « récompenser » les transporteurs qui investissent dans des matériels moins consommateurs ou qui mènent des actions de formation auprès de leurs chauffeurs.

Enfin, le recours aux solutions alternatives en matière d’énergie peut être plus systématique dans les marchés publics, qui devraient être les plus en avance dans ce domaine.

 

Conclusion :

Dès lors, ce qui est important est d'avoir une règle de conduite et des critères d'évaluation exigeants vis-à-vis de l'ensemble des fournisseurs. C'est pourquoi la démarche d'audits fournisseurs sur des critères de développement durable paraît être la suite logique de ces principes.

La démarche environnementale n'est pas une contrainte ajoutée à d'autres, c'est un état d'esprit qui recentre les champs du possible. Certes si les entreprises doivent montrer l’exemple chaque citoyen doit se sentir concerner et participer activement au recyclage et au respect de l’environnement.

D’ailleurs l’IUP pourrait proposer un cours sur l’impact des achats sur l’environnement afin de sensibiliser chacun d’entre nous, futurs acheteurs à ce sujet de plus en plus sensible dans les entreprises. Au sein des achats indirects de la société General Electric de nombreuses solutions sont étudiées et mises en place pour retraiter les déchets industriels ainsi que les eaux usagées pour le respect de l’environnement mais aussi dans le soucis de l’image de l’entreprise qui se veut une entreprise propre et toujours à la pointe dans tous les domaines. Je pense que cet aspect environnemental est en train de prendre un tournant essentiel au sein de chaque entreprise dite « citoyenne ». Ce n’est que le début mais c’est en commençant un jour que l’on pourra sauvegarder une planète en bonne « santé » où l’écosystème n’est pas perturbé par la pollution.

Différents ouvrages traitent des bonnes pratiques à mettre en place par l’ensemble des acheteurs qui ont à cœur d’utiliser tous les outils à leur disposition pour faire avancer l’achat responsable. Un achat répondant aux besoins sans excès permet donc moins de déchets.

Le fait d'acheter seulement ce dont on a besoin constitue donc un excellent moyen de protéger l'environnement et d'économiser de l'argent. En matière de consommation, l'adoption des principes de prévention de la pollution peut avoir des effets considérables sur la création d'un marché plus écologique.

 

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